‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 37 sur 187 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Eprouvait-on à Jersey les mêmes sentiments ?

Le 29 novembre 1862, les proscrits polonais avaient célébré l'anniversaire de la révolution de Pologne *. In banquet avait eu lieu à cette occasion. Victor Hug-o y avait porté la parole et dénoncé en ces termes les périls que la Russie faisait courir à la civilisation. « La Russie, citoyens, est un bien autre péril que n'était la Turquie. Toutes deux sont l'Asie, mais la Turquie était l'Asie chaude, colorée, ardente, la lave qui met le feu, mais qui peut féconder ; la Russie est l'Asie froide, l'Asie pâle et g-lacée, l'Asie morte, la pierre de sépulcre qui tombe et ne se relève plus. La Turquie, ce n'était que l'Islamisme ; c'était féroce, mais cela n'avait pas de système ; la Russie est quelque chose d'autrement redoutable, c'est le passé debout qui s'obstine à vivre et à épouser le présent. Mieux vaut la morsure d'un léopard que l'étreinte d'un spectre. La Turquie n'attaquait qu'une forme de la civilisation, le christianisme,, forme dont la face catholique est déjà morte ; la Russie, elle, veut étouffer toute la civilisation d'un coup et à la fois dans la démocratie. Ce qu'elle veut tuer, c'est la révolution, c'est le progrès, c'est l'avenir. Il semble que le despotisme russe se soit dit : « J'ai un ennemi, l'esprit humain. » Je résume ceci d'un mot : « Après les Turcs, la Grèce a survécu ; l'Europe ne survivrait pas après les Russes "-. » Quant à sa pensée sur l'empereur de Russie, il la résumait dans cet autre mot : « Prince digne du bagne 3. •»

Le 29 novembre i853, nouveau banquet polonais, nouveau discours de Victor Hugo, « Nicolas de Russie »

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