‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 38 sur 187 · Ibid. , p · texte numérisé non relu

Ibid. , p

est toujours le despote exécrable, le « monstre » de l'omnipotence : « Il torture, comme bon lui semble, des peuples entiers ; il n'a qu'à faire un si°:ne, et il le fait, pour vider la Pologne dans la Sibérie... Cet homme est la menace sauvage de l'Ombre à la Lumière, du Nord au Midi... Il est le monstre de l'omnipotence... Il tient dans ses mains une croix qui se termine en glaive et un sceptre qui se termine en knout. Ce prince, ce souverain, ce Nicolas de Russie est à cette heure l'homme véritable du despotisme. Il en est la tète ; Louis Bonaparte n'en est que le masque ] . 9

Continuons. Le 20, novembre i854, troisième célébration de l'anniversaire de la révolution de Pologne. Troisième discours de Victor Hugo. Mais cette fois tout est bien changé. Plus un mot contre Nicolas de Russie, pas une parole de malédiction et de haine; tout au contraire, voici que le poète plaide en sa faveur ! Que s'est- il donc passé ? Il s'est passé tout simplement ceci, que l'empereur de Russie est en guerre avec la France, et que, la France ayant à sa tète Napoléon III, dont Victor Hugo est l'ennemi personnel, celui-ci trouve tout naturel de se faire l'avocat de « Nicolas de Russie » ! Ici encore, il faut citer, et c'est Victor Hugo lui-même qui va nous fournir nos textes.

Le 5 mai i853. le prince Menschikoff, envoyé extraordinaire de Russie à Constantinople, avait présenté un ultimatum exigeant que le sultan reconnût le czar comme protecteur des onze millions de chrétiens grecs, ses sujets. Sur le refus de la Porte, les armées russes avaient, le 3 juillet, passé le Pruth et envahi les principautés danubiennes. La guerre était le fait de la Russie,

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