‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 39 sur 187 · Pendant l'exil, p · texte numérisé non relu

Pendant l'exil, p

et de la Russie seule. Victor Hug-o le constatait en ces termes au banquet polonais du 29 novembre i853 :

Depuis Pierre, les czars ont deux pensées : l'absolutisme et la conquête. La première satisfaite, Nicolas a sonore à la seconde. Il avait à côté de lui, à son ombre, j'ai presque dit à ses pieds, un prince amoindri, un empire vieillissant... // s'est dit : c'est le moment, et il a étendu son bras vers Constant!nople, et il a allongé sa serre vers cette proie. Oublian toute dignité, toute pudeur, tout respect de lui-même et d'antrui, il a montré brusquement à l'Europe les plus cyniques nudités de l'ambition. Lui, colosse, il s'est acharné sur une ruine; il s'est rué sur ce qui tombait, et il s'est dit avec joie : « Prenons Constantinople ; c'est facile, injuste et utile1. »

A ce moment, la guerre n'existe encore qu'entre la Russie et la Turquie, et dès lors il n'en coûte pas à Victor Hug-o de reconnaître — ce qui d'ailleurs est la vérité — que le czar est le seul auteur de la guerre. Il ne le sera plus, il en sera complètement innocent aux yeux du poète, le jour où Napoléon III interviendra en laveur de la Turquie-. Ce jour-là, Victor Hugo changera son fusil d'épaule. Il plaidera la cause du czar.

Commençons, dit-il, par faire justice d'une erreur presque universelle. Grâce aux nuages astucieusement jetés sur l'origine de l'affaire par le gouvernement français, et coni plaisamment épaissis par le gouvernement anglais, aujourd'hui, en Angleterre comme en France, on attribue généralement la g-uerre d'Orient, ce désastre continental, à l'empereur Nicolas. ( in se trompe. La guerre d'Oi-ient est un crime, mais ce n'est point le crime de Nicolas. Ne prêtons pas à ce riche. Rétablissons la vérité.

Citoyens, le 2 décembre i85i, M. Bonaparte fait ce que vous savez. Il commet un crini3, éri^e ce crime en trône, et s'assied dessus. Schinderhannes se déclare César. Mais à Ce

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