Ibid., p
pol ; oui, la nuit, les champs de bataille, pleins de mourants, hurlent comme des bètes fauves ; oui, la lune éclaire cet épouvantable charnier d'inkermann ... Oui, ce sang-, tout ce sang ruisselle en Crimée; oui, ces veuves pleurent; oui, ces mères se tordent les bras, parce qu'il a pris fantaisie a M. Bonaparte, l'assassin de Paris, de se faire bénir et sacrer par M.Mastaï, Fétoufteur de Rome * ! »
J'ai dit que Victor Htiq-o ne se réjouissait pas des bonnes nouvelles. Je me suis trompé. Sa joie déborde, au contraire, quand quelque bonne nouvelle lui arrive; seulement, les bonnes nouvelles, pour lui, c'est quand il apprend qu'un de nos généraux vient d'être tué, — ces « généraux infâmes'2 », comme il lesappelle.il veut bien faire grâce aux soldats; mais pour leurs chefs, point de pitié. Qu'ils soient frappés, que la mitraille russe les écrase, et le poète battra des mains. « Oui, s'écrie-t-il, devant le mystérieux châtiment qui commence, mon Dieu ! grâce pour les soldats; mais, quant aux eliefs, faites! Oui, proscrits, laissons faire le juge... 0 profondeur vertigineuse de l'expiation ! Le Deux-Décembre •tourne; et le voici qui, après avoir tué les nôtres, dépèche les siens. Il v a trois ans, il se nommait coup d'Etat et il assassinait Baudin; aujourd'hui, il se nomme ie d'Orient, et il exécute Saint-Arnaud. La balle qui, dans la nuit du 4, sur Tordre de Lourmel, tua Dus-
i. Pendant l'exil, p. 106. — Au mois d'avril i855, quand nos soldats, nos prêtres, nos sœurs de charité rivalisaient d'héroïsme les murs de Sébastopol, Victor Hugo écrivait ce qui >uit : ution ne nous fera pas perdre de vue votre gouvernement du lendemain du coup d'Etat, ce banque! catholique et soldatesque, ce festin de mitres <■( de shakos, cette mêlée du séminaire et de la caserne dans une or!rie, ce tohu-bohu d'uniformes débraillés et de soutanes ivres, cette ripaille d'évêques el de caporaux où personne ne sait plus ce qu'il l'ait, où Sibour jure et où Magnan prie, où le prêtre coupe son pain avec le • '"it dans
le ciùoire. n Victor Hugo à Louis-Bonaparte, 8 avril i!S,"»r>. — Pendant /'t'.ci/, p. i \\.