‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 42 sur 187 · Pendant l'ejcit, p · texte numérisé non relu

Pendant l'ejcit, p

VICTOR HUGO APRES Lc52

soubs devant la barricade Montorgueil, ricoche dans les ténèbres selon on ne sait quelle foi formidable et revient fusiller Lourmel en Crimée l. Xous n'avons pas à nous occuper de cela. Ce sont les coups sinistres de l'éclair ; c'est l'ombre gai frappe ; c'est Dieu -. »

Saint Arnaud avait g-agné, le 20 septembre i854, la bataille de l'Aima; il était mort du choléra, huit jours après, à bord du navire qui le transportait à Thérapia. Le jour de la bataile, maîtrisant sa souffrance, il était resté debout tout le temps, ayant déjà la mort dans les entrailles. Tous les partis s'étaient inclinés devant sa fin héroïque et glorieuse. Victor Hugo. lui, trépigne sur son cadavre. Il rouvre son livre des Châtiments; trois cents vers durant, il traîne dans la fange, le traitant de ban-

1. Denis Dussoubs, frère de Gaston Dussoubs, représentant de la Haute-Vienne, a-t-il été tué sur l'ordre de Lourmel? Il est absolument certain que non. L'auteur de Paris en décembre 1801, M. Eugène Ténot, dont le témoignage n'est pas suspect, raconte en ces termes, page 23g, la mort de Dussoubs : « Le colonel du Tu' de li^ne, M. de Lourmel, qui campait à la pointe Sainte- Eustache (dans la soirée du 4 décembre', fut averti de la présence d'un dernier noyau d'hommes armés à peu de distance de sa position. Il détacha le 2e bataillon de son régiment, commandant Jeannin, pour les débusquer. A la première barricade, Denis Dussoubs se présenta seul, sans armes. L"n récent accident au bras droit ne lui eût pas même permis d'en faire usage. Il adressa d'une voix vibrante un appel aux soldats. On entendait sa voix de tout le quartier. « Malheureux soldats ! vous devez être désespérés de ce qu'on vous a fait faire : venez à nous ! » Le commandant, ému de l'accent douloureux de Denis Dussoubs, plus encore peut-être que de ses paroles, le conjura de se retirer, de ne pas tenter une résistance inutile. Après avoir encore vainement harangué les soldats, Denis Dussoub> remonta vers la barricade; il se retournait, poussant un dernier cri de : « Vive la République ! •> lorsque quelques soldats, tirant sans qu'aucun ordre eût été donné, le tuèrent de deux balles dans la tète. 11 tomba et expira sur-le-champ. » Et M. Ténot ajoute en note : « On a écrit à l'étranger que le commandant avait ordonné le feu. M. Sehœleher, qui a eu des renseignements circonstanciés sur ce triste épisode, affirme, de la manière la plus positive, que le commandant, au contraire, aurait voulu préserver Dussoubs, et que la décharge fut faite sans qu'aucun commandement eût été prononcé »

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