Pendant l'exil, p
dit, de chien, de reitre, de galérien, de traître, de Mandrin, de Lacenaire, de Papavoine, de lâche, le commandant en chef de l'armée d'Orient, le général qui vient de conduire nos soldats à la victoire, de restaurer, en face de l'Europe, l'honneur des armes de la France *. Il secoue sur lui ses strophes furieuses et termine enfin par ces suprêmes injures :
Ayant son crime au flanc, qui se changeait en dartre, Les boulets indignés se détournant de lui, Vil, la main sur le ventre, et plein d'un sombre ennui. Il voyait, pale, amer, l'horreur dans les narines, Fondre sous lui sa gloire cnallée aux latrines. Il râlait ; et hurlant, fétide, ensanglanté, A deux pas de son champ de bataille, à côte Du triomphe englouti dans l'opprobre incurable, Triste, horrible, il mourut 2.
Entre temps, Victor Hti£ro travaillait aux Contemplations, composait sous ce titre : Dieu, un poème de cinq mille vers3 et consultait les tables tournantes. Il écrivait à Mme Emile de Girardin, le 4 janvier i855 :
Cette année i885 a eu pour moi un point du jour; c'est votre lettre. Klle nous est arrivée pleine de rayons comme l'aube, et, comme l'aube, avec quelques larmes. En la lisant, il me semblait voir votre beau visage calme qui ressemble à l'espérance. Tout Marine-Terrace a été éclairé un moment comme par un éclair d~i joie. Je ne suis pas pressé, moi, car je suis beaucoup plus occupé du lendemain que de ['aujourd'hui; ce
i. « Le 20 septembre se livre cette glorieuse bataille de l'Aima qui restaure, en face de l'Europe, l'honneur de nos armes, et à laquelle il n'a manqué que mille sabres des chasseurs d'Afrique pour être la plus merveilleuse par les résultats. » (Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. XIII, p. 45i.)