‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 49 sur 187 · Page i · texte numérisé non relu

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« quitta Jersey le 2 novembre i855 ». C'est une erreur. Il quitta Jersey le 3i octobre, en compagnie de son fils François-Victor, à qui j'emprunte les détails qui suivent. Il avait été convenu que Mme Hu^o, sa fille Adèle et son fils Charles partiraient, ainsi que M. Auguste Vacquerie,le 2 novembre, mais que le poète et son fils François-Victor les précéderaient. Tous deux s'embarquèrent le 3i octobre, au port Victoria, sur le Dispatch, un des vapeurs qui faisaient le trajet de Jersey en Angleterre. Il était sept heures du matin. Au bout d'une heure, le bateau s'arrêta devant Saint-Pierre, la capitale de Guernesey, choisie par Victor Hugo pour être la première étape de son nouvel exil. Le vieux havre de Saint-Pierre étant trop petit pour que les steamers pussent commodément débarquer à quai leurs passagers, le Dispatch s'arrêta en rade à environ trois à quatre cents brasses de la jetée. Une barque de pêcheur était venue chercher à bord les voyageurs. La mer était grosse et faisait danser la barque, lui imprimant à chaque moment des secousses de dix pieds de profondeur. Y descendre, n'était sans doute qu'un jeu pour Victor Hugo et pour son fils ; mais le poète avait avec lui une lourde malle contenant ses manuscrits. Il y avait là des poèmes, des romans, des drames, les uns terminés déjà, les autres plus ou moins avancés : les Contemplations, les Misérables, les Petites Epopées, Dieu, la Fin de Satan, les Chansons des rues et des bois, le Théâtre en liberté, les Drames de l'Invisible, un livre de philosophie intitulé : Essai d'explication l '. Fallait-il jouer tout cela sur un coup de mer, jeter un pareil enjeu sur le tapis vert de l'Océan ? Victor Hugo se décida à risquer !a partie.

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