‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 51 sur 187 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Les Contemplations. — Myrtes et Cyprès. — Paphos et Pathmos. — Une nouvelle Apocalypse. — Le double substantif. — Un vers de M. Viennet. — Pour faire suite à l'Art de vérifier les dates.

Comme Jersev, Guernesev est moins une île anglaise qu'une île normande par son origine, par sa langue, par son climat *. La capitale, Saint-Pierre-Port, est une ville pittoresque et charmante. M. Vacquerie en traçait, au mois d'avril i856, ce joli croquis :

Nous habitons la capitale de Pile, Saint-Pierre-Port; imagine-toi Caudebec sur les épaules d'Honfleur. Une église «-othique, des rues vieilles, étroites, irréiculières, fantasques, amusantes, coupées d'escaliers, grimpant et dégringolant, les maisons les unes sur les autres, afin que toutes voient la mer. El un port tout petit où les navires se tassent, où les vergues des goélettes risquent toujours d'éborgner les fenêtres du quai, où ces immenses oiseaux nichent dans les croisées. J'aime les petits ports! la mer y est plus grande et on l'a dans le creux de la main . . .

Les navires passent tout près de nous... Barques de pèche, sloops, bricks, trois-mâts, bateaux à vapeur se croisent devant moi presque comme à Yillequier ; c'est vivant comme la Seine et c'est grand comme la Manche; c'est un fleuve et c'est l'Océan ; c'est une rue de la mer - !

i. La Normandie inconnue, par F. -Y. Hugo, p. 18.

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