Janvier i
3 A celle qui est restée en France. — La pièce est datée : Guernesey, 2 novembre i855, jour des morts.
L? recueil se divise en deux parties : — Autrefois et Aujourd'hui, — et chacune de ces parties est divisée elle-même en trois livres. Le livre IV, placé au centre de l'ouvrage, a peu? titre Pauca Mae. Il renferme les s inspirées à Victor Hug-o par la mort de sa file. Plusieurs sont admirables et, entre toutes, les stances A Yillequier :
Je viens à vous, Seigneur. Père auquel il faut croire;
Je vou» porte, apaisé, Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire
Que vous avez brisé... l.
Pourquoi faut-il que ce livre : Pauca Meœ, soit proche voisin de cet autre livre : l'Ame en JJeur 2, tout plein de pièces libertines, de strophes où éclate l'ivresse des sens?
1 'est un des familiers du poète. M.Richard Lesclide,qui a pris soin de nous apprendre « qu'une partie des Contemplations a été écrite pour Mme Drouet3». Soit ; mais ces vers d'amour, fallait-il donc les donner pour pendant aux stances consacrées à la Morte? Fallait -il agiter ces grelots à deux pas du cimetière de Villequier? La douleur et la mort ont leur pudeur ; le poète devait-il l'oublier? On ne donne pas pour avenue à un tombeau une allée de myrtes de Paphos et de rosiers d'Amathonte.
<Juand on a écrit ces pièces anacréontiques :
Tout conjugue le verbe aimer : voici les roses... Nous allions au verger cueillir des bigarreaux...
Mon bras pressait ta taille frêle...
Tout revit, ma bien-aimée !...
Aimons toujours! aimons encore!...
i. .1 Villequier, 4 septembre 1847.