‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 59 sur 187 · I. Henri Houssaye, loc . cit · texte numérisé non relu

I. Henri Houssaye, loc . cit

Jésus qui tient le g-lobe du monde entre ses mains. Dans l'architrave, Victor Hug-o a écrit ce quatrain :

Le peuple est petit, mais il sera grand. Dans tes bras sacrés, ô mère féconde, O Liberté sainte, au pas conquérant, Tu portes l'enfant qui porte le monde.

Et à côté, ce vers latin :

Libertas populum, populus dum sustinet orbem.

Victor Hugo avait tenu à « laïciser » sa bonne Vierge, laquelle d'ailleurs, — c'est un des plus fervents adorateurs du poète qui nous l'apprend, — était un cadeau de Alme Drouet 4.

Au milieu de la salle, une massive table de chêne. Entre les deux portes-fenêtres, fixé à la muraille, un grand fauteuil sculpté, de style gothique et byzantin, fermé par une chaîne de fer, le fauteuil des ancêtres qui président au repas de la famille, Cella patrum defunctorum. Sur le bras droit du fauteuil, on lit : Georges, 1.535 ; sur le bras gauche : Joseph-Léopold-Sigisbert, 1828. Joseph-Léopold-Sig-isbert, c'est le g-énéral Hugo, père du poète, mort le 29 janvier 1828; Georges, c'est le capitaine du duc René II de Lorraine, anobli par lettres du i5 avril i535, que Victor-Hug-o tenait absolument à avoir pour ancêtre. Même à Guernesey, même après qu'il était devenu républicain, et républicain socialiste, il s'obstinait à renier son grand-père, le menuisier de Nancy, et à prendre des armoiries auxquelles il n'avait aucun droit. Sur le dossier du grand fauteuil de Hauteville-House, il avait fait sculpter l'écusson des

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