‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 6 sur 187 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

colories par son caractère comme par son talent. M. Ferdinand Brunetière, lui consacra dans la Revue des Deux-Mondes un article qui se terminait ainsi : « Sainte-Beuve écrivait dans son livre sur Chateaubriand et songroupe littéraire : « Je « voudrais avant tout donner simplement des c chapitres d'histoire littéraire, les donner vrais, i neufs, s'il se peut, nourris de toute sorte d'ina formations sur la vie et l'esprit d'un temps ena core voisin de date et déjà lointain de souve- « nir. » Ces chapitres d'histoire littéraire, M. Biré nous les a donnés, — et en même temps le légitime désir d'en voir quelque jour la suite1'? »

Ce désir exprimé par M. Brunetière en termes si honoraires pour moi, d'autres me l'adressaient également, et plusieurs l'accompagnaient même d'intéressantes communications. Sept années se passèrent cependant sans que je pusse me décider à donner une suite à Victor Hwjo avant 1S30. Cette suite ne pouvait être que défavorable à la mémoire du poêle, et il n'entrait nullement dans mes intentions delà desservir. Au commencement de 1890, un dossier «l'une importance exceptionnelle arrivait en mes mains. Il comprenait un

dtlDêUX- Monde* du i«r mai !

PÈÉFACE IX

nombre considérable de lettres de Victor Hugo, de jyjme Victor Hugo, de Sainte-Beuve, do plusieurs membres du Cénacle de 1829 et de celui de de 1836. Cette correspondance allait de 1830 à 1852. Elle fournissait, selon le mot de Sainte- Beuve, toute sorte d'informations, non seulement sur Victor Hugo, mais sur le milieu, le temps où il avait vécu. En possession de ces documents, pouvais-je me soustraire encore à la tâche devant laquelle j'avais jusqu'alors reculé? Je ne l'ai pas cru. Uo autre motif contribua d'ailleurs à me décider. L'autobiographie de Victor Hugo va jusqu'en 1841, et dans cette seconde période, de 1830 à 1841, les erreurs, voulues ou non, ne sont pas moins nombreuses que dans la première partie, celle qui va de la naissance du poète à 1830. De plus, pendant les dernières années de sa vie, il s'était entouré d'un certain nombre d'historiographes, chargés de transmettre à la postérité un Victor Hugo sublime, énorme, immense, surhumain. De tout cela il devait se former une légende de Victor Hugo. Rien n'a la vie plus dure qu'une Légende, pour peu qu'on la laisse grandir. Ne convenait-il pas d'arrêter celle-ci, avant qu'elle eut le temps de prendre son essor.' Les deux volumes de Victor Hugo après 1830 n'ont pas eu

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