‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 68 sur 187 · Les Châtiments, Ultima verba · texte numérisé non relu

Les Châtiments, Ultima verba

HAUTEVILLE-HOUSE. — LA LÉGENDE DES SIECLES 1 i9

porte avec une parfaite indifférence l'exil, n'admettant pas que la Patrie soit seulement la terre d'un sol et répétant : « La Patrie, qu'est-ce? une idée! Paris, quoi? Je n'en ai pas besoin. C'est la rue de Rivoli, et je déteste la rue de Rivoli l. »

De telles paroles, à coup sur, dépassaient la pensée du poète ; elles ne traduisaient pas ses véritables sentiments. Ce qui était vrai, c'est que, tout en continuant d'aimer la France,, parce qu'un Français ne peut pas ne pas l'aimer toujours, il supportait parfaitement de vivre loin d'elle aussi long-temps qu'elle aurait à sa tète l'homme auquel il avait déclaré une guerre implacable. Ce qui était vrai, c'est qu'il ne pouvait rentrer, Napoléon régnant, sans que son orgueil ne reçût une blessure profonde; et a cela il ne se pouvait résigner. Tout plutôt, même, s'il le fallait, la douleur de vivre et de mourir loin de la patrie I

Un mois après sa Déclaration du 18 août, il faisait paraître la Légende des Siècles.

Je me rappelle encore avec quelle émotion, le 29 septembre 1809, j'ouvris le premier volume de la Légende des Siècles. Le livre avait pour second titre les Petites Epopées. Ces Petites Epopées, je les attendais depuis trois ans, depuis le jour où j'avais lu, dans Profils et (irimaces, ces lignes de M. Auguste Vacquerie : « J'ai pour bibliothèque les manuscrits de Victor Hugo. En fait de roman, les Misérables : en fait de poèmes. Dieu, la Fin de Satan, les Petites Epopées "2 .» Je me plaisais

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