Journal des Concourt, t. Ier, p. 377. — // juillet i80i
blication des deux premiers volumes. )) A l'origine, le roman ne devait avoir en effet que deux volumes et porter pour titre : le Manuscrit de l'Evêque. En vertu de conventions antérieures passées avec Eug-ène Renduel. celui-ci avait le droit de publier le premier ces deux volumes sous la condition d'en tirer seulement deux mille exemplaires. Le premier soin de M. Lacroix fut de s'aboucher avec lui. L'entente fut facile. Renduel, depuis quelques années déjà, n'était plus dans les affaires. Au lendemain des orandes batailles romantiques, il s'était retiré, pour y vivre et y mourir en paix, dans un château du Nivernais, dans un château à lui appartenant et appelé le château de Beuvron. Beuvron! La Motte-Beuvron ! Ce nom seul, tout empreint de saveur Louis XIII, évoquait pour lui l'époque favorite de ses poètes, et tant de beaux volumes, romans, drames, poèmes, qu'il avait édités avec amour, demandant pour eux à Célestin Nanteaîl, à Tony Johannot et à Camille Roqueplan de précieux frontispices, où les eaux-fortes terrifiantes alternaient avec les vignettes railleuses '. Il lui rappelait cette Marion de Lorme, qu'il avait publiée au mois d'août i83i, ou encore cet admirable recueil des Voix intérieures, mis en vente le 26 juin 1837 et où se trouvait ce vers dont il avait su faire une réalité :
C'ctait un grand château du temps de Louis treize 2...
L'heureux châtelain de Beuvron n'avait nul désir de revenir à son ancien métier et de faire, une fois encore, inir la presse );. Aussi l'entente fut-elle facile. En moins d'une heure, l'accord était conclu. Eugène Renduel consentait, en échange du versement d'une somme