‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 77 sur 187 · La Lèjeade des Siècles, tome II, xm · texte numérisé non relu

La Lèjeade des Siècles, tome II, xm

4- Profils et grimaces, p. 43o. — Lettre à M. Ernest Lefèvre, datje : Guernesey, Haiiteville-Hoase, avril 18JO.

Là du reste ne se sont point bornées les retouches de Victor Hugo. Il a ajouté tout un chapitre au Manuscrit de l'Évêque, et quel chapitre ! Ms* Myriel va un jour dans la montagne, et il y rencontre un vieux conventionnel. Le conventionnel est à l'article de la mort, mais cela ne l'empêche pas de prononcer de très long-s discours, tandis que l'évèque trouve à peine la force de balbutier, de loin en loin, de courtes et timides réponses *. Non que M-r Myriel soit un sot, il s'en faut bien, mais il n'est pas de taille à tenir tète à Victor Hug-o, et c'est Victor Hug-o lui-même qui parle par la bouche de son conventionnel. Il glorifie la Révolution, il justifie 93, tout q3 -. Il ne s'attarde pas à défendre Robespierre et Danton. A quoi bon ? et qui donc oserait les attaquer? Il va droit aux pires, aux Fouquier-Tinville, aux Carrier, et il les excuse, il les blanchit, au moyen d'assimilations monstrueuses entre le fils de Louis XVI et le frère de Cartouche ; entre Fouquier-Tinville et Lamoigmon-Bàville ; entre Carrier et Montrevel, entre Maillard et Saulx- Tavannes, entre le père Duchesne et le père Le Tellier, entre Jourdan Coupe-Têtes et le marquis de Louvois 3Î Quant à Marat, Victor Hug-o se contentepourle moment, de l'assimiler à... Bossuet*, en attendant qu'J le compare à Jésus-Christ 5! Que vouliez-vous que fit le pauvre M-r Myriel devant ce délutre d'insanités ? Qu'il perdît la tète à son tour, et il n'y a pas manqué. Il est si ému des paroles du conventionnel, si touché des vertus

1 . Livre I. chapitre x L'auteur a intitulé ce chapitre : VE véque en présence d'une lainière inconnu '.

2. « La Révolution française a eu s~s raisons. Sa colère sera absoute par l'avenir D - ;;>> les plus terribles, il sort une caresse pour le genre humain. » — Les afisérablesl t. I, p. i3o.

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