VICTOR HUGO RACONTE PAR ON TEMOIN DE SA VIE
l'autre. L'empire èchoaera^je l'espère, clans sa tentative infâme, et vous vaincrez,.. Quant à moi, puisque vous faites appel à mon nom, je vous le redis, je suis avec vous, et je vous apporte, vainqueurs, ma fraternité de citoyen, vaincus. ma fraternité de proscrit.
Victor Hugo l .
On le voit. Victor Hugo faisait hautement des vœux pour la défaite de la France. Il ne faisait pas mystère de sa haine contre les généraux qui commandaient n^tre armée ; il les flétrissait à l'heure même où ils versaient leur sang- sur les champs de bataille. Ainsi avait il fait, en i854 et en i855, à l'époque de la guerre de Crimée ; — en 1861, à l'époque de la guerre de Chine.
Le 25 novembre 186 1, il avait écrit, de Hauteville- House, au capitaine Butler, une lettre à laquelle il avait donné la plus grande publicité possible. En voici quelques extraits :
Vous me demandez mon avis. Monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.
Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :
... Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d'Flé. L'un a pillé, l'autre a incendié. La Victoire peut être une voleuse, à ce qu'il parait... L'un dés deux voleurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits,..
Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre...