‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 87 sur 187 · VICTOR HUGO RACONTE PAR UN TEMOIN DE SA VIE · texte numérisé non relu

VICTOR HUGO RACONTE PAR UN TEMOIN DE SA VIE

quatorze un portrait où il a soin de reproduire sa propre image.

Homère « est sans fond, et il est riant... » U Iliade est « le commencement de l'épopée i », comme la Légende des Siècles en est le couronnement. — Job « commence le drame - », — et ce drame, c'est Victor Hugo qui le finira. « Tombé, Job devient gigantesque. Tout son poème est le développement de cette idée : la grandeur qu'on trouve au fond de l'abîme... Son lan- e, soumis du côté de Dieu, est amer du côté des rois. Job est un officiant et un voyant. Job extrait de son drame un do^me ; Job souffre et conclut. Or, souffrir et conclure, c'est enseigner. Job enseigne. Job, après ave ir touché le sommet du drame, remue le fond de la philosophie 3. » Tout cela, Victor Hugo l'a fait, lui aussi. Il n'est qu'un point, un seul, où il se sépare du patriarche arab^ : à aucun moment, il n'a accepté d'être pauvre comme Job. — Esclujle «est magnifique et formidable;... il n'a aucune des proportionsconnues.il est rude, abrupt, excessif.. ; du parti des Titans, prêt à recommencer l'escalade contre le parvenu Jupiter... Poète hécatonchire, dur comme la roche, tumultueux comme l'écume, plein d'escarpements, de torrents et de précipices et si géant que, par moments, on dirait qu'il devient montagne '* ». Lors des Burgraves, on a dit au poète qu'il avait ressuscité — et dépassé l'auteur de YOrestie, et c'est pourquoi, dans ce volume soi-disant consacré à Shakespeare, Esclujle tient la première place. En un endroit, Victor Hugo raconte, avec force détails, la première représenta-

i. William Shakespeare, page 6r.

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