‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 104 sur 127 · ARMAND SILVESTRE · texte numérisé non relu

ARMAND SILVESTRE

En même temps que la question des obsèques se posait^ le jour m,ême de la mort de Victor HugOj la question des discours se posait également au sujet. du règlement de V Académie française^ en vertu duquel M, Maxime Ducamp, actuellement directeur, devait prendre la parole au nom de la Compagnie.

Paris :

Il se trouve que c*est M. Maxime du Camp

3ui doit, aux termes des règlements de TAcaémie française, prendre la parole au nom de cette Compagnie sur la tombe de Victor Hùffo.

Inous espérons qae M. Maxime du Camp aura lé bon goût de s'abstenir, et de laisser ce soin à un autre de ses confrères.

Si le délateur des vaincus de la Commune

{prenait la parole sur la tombe de Tapôtre de amnistie, ce serait un scandale.

L'Académie est juge de son honneur. Elle empêchera ce scandale.

La France libre :

l'outrage

Il paraît que l'Académie française réserve à Victor Hugo un dernier outrage.

Elle chargerait Bfaxime du Camp de parler sur la tombe de celui qui fut toujours avec les vaincus.

Un seul, peut-être, parmi les académiciens, n'a pas le droit de parler en ce moment, c'est le Maxime du Camp qui dénonçait aux fusilleurs les vaincus de 1871, alors que Victor Hugo leur ouvrait les portes de sa maison à Bruxelles.

Laissera-t-on parler celui qui dirigeait les mouchards dans leur ignoble besoene, celui qui s'est fait le valet des Gallifet et des autres bourreaux de Mai, injurier Fauteur des Châtiments.

On nous dit que Maxime du Camp est directeur de l'Académie française ; tant pis pour l'Académie française; elle peut se vautrer dans la fange, mais on ne peut lui permettre d'éclabousser la foule attristée qui accompagnera Victor Hugo à sa dernière demeure.

Libre à l'Académie d'être... ce qu'elle veut, mais qu'on ne la laisse pas publiquement, sans vergogne et sans honte, jeter l'outrage à qui fut l'honneur de la France, de l'humanité.

MAUJAN.

Le Mot dOrdre:

Après cela, que viendra faire ou que viendra dire M. Maxime du Camp auprès du cercueil de Victor Hugo ? Il est, cette année, directeur de l'Académie française, et l'usage que ce soit ce directeur même qui proe l'oraison funèbre de l'académicien dé-

veut nonce

•cédé. Mais ici, le hasard a eu la main malheureuse.

M. Maxime du Camp a toutes les raisons du monde de se taire, et la meilleure de toutes -ces raisons, c'est qu'il a été Tennemi le plus acharné de l'amnistie.

Victor Hugo était l'homme de Ja clémence.

En quatre vers sublimes, il avait demandé à Louis-Philippe la grâce de Barbes; en un livre non moins sublime, il demanda la grâce des égarés de la Commune, et il faillit, à Bruxelles, être martyr de la générosité de son cœur.

M. Maxime du Camp a été l'homme de la rigueur : il s'est fait l'exécuteur de ces mêmes égarés.

A. CÉRON.

La Justice:

Page 1