‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 21 sur 127 · ANTOINE · texte numérisé non relu

ANTOINE

« Député de Metz, »

Metz, 23 mai.

Nice, le 24 mai 1884.

« Bien cher monsieur Lockroy,

« J'ai eu l'honneur de faire votre connaissance, par l'intermédiaire de mon pauvre fils, aux Crettes, chez Mme Arnaud (de TAriège).

, « Victor Hugo vient d'entrer vivant dans l'immortalité. Mon fils était son ami. Tous les deux ont disparu de cette terre, Victor Hugo à la fin de sa longue carrière, mon pauvre fils à la fleur de son âge...

« Je vous serre la main. ,

« Recevez, cher monsieur mes biens sincères compliments respectueux de condoléance pour vous et toute sa famille.

« Votre tout dévoué,

« GAMBETTA père. »

A monsieur Edouard Lockroy.

« Mon cher collègue et excellent ami,

« Je crois devoir porter à votre connaissance le fait suivant :

« Hier, avait lieu la séance hebdomadaire de la Société de biologie, dont je suis président perpétuel depuis la mort de Claude Bernard.

A 1 ouverture de la séance j*ai prononcé quelques paroles dont voici le sens, sinon le texte exact :

« Les Chambres viennent de voter à Victor Hugo des funérailles nationales. Je propose à la Société de manifester, autant qu'il lui est

Ï)0ssible, la part qu'elle prend à la douleur de a nation et du monde. En suspendant nos travaux, nous rendons un légitime hommage à l'un des plus merveilleux génies qui aient illustré la France et éclairé la marche en avant de l'humanité. La science a, comme les lettres, sa place marquée dans le funèbre et

florieux cortège. Ce n'est pas telle catégorie e l'esprit humain, c'est Fesprit humain tout entier qui porte le deuil de Victor Hugo.

« D'un assentiment unanime, la, séance a été levée aussitôt.

« Bien aifectueusement votre

« PAUL BKRT*. »

« La Fédération compagnonnique de Paris a eu l'honneur d'assister h la fête du grand poète.

« Elle prie tous les compagnons de tous les devoirs et de tous les corps, de vouloir bien

se joindre à elle pour accompagner rillustro poète à sa dernière demeure.

« Le Président ^

« p. CLAVEL. )>

<( L'Association fraternelle des publicistes étrangers amis de la France, invite tous les hommes de lettres et tous les journalistes étrangers amis de la France à se joindre à elle, le jour des funérailles de Victor Hugo.

« L'Association fraternelle fera partie du cortège funèbre. Elle tient à rendre ce dernier hommage à celui qui lutta toute sa vie pour la vérité et pour la liberté.

« Le fondsiteur de V association,

a H.-E. B AD AIRE ».

A Georges Hugo

« Le syndicat de la presse départementale s'empresse de se joindre à toutes les corporations et h toutes les associations qui, de tous les points de la France, vous envoient le témoignage de leur sympathie pour votre deuil et de leur admiration pour le grand homme et lé grand citoyen qui vient de nous être ravi.

« La presse, depuis plus d'un demi-siècle, a noté jour par jour les services rendus par lui à l'humanité souffrante, à la démocratie militante. Elle a salué les chefs-d'oeuvre qui ajoutent tant de gloire à la gloire littéraire du pays. Elle dit un dernier adieu à celui qui a

toujours marché vers le soleil, qui a grandi dans son exil, qui en a rapporté la clémence, h qui les ans n'avaient rien ôté de sa grâce et de sa force et qui est resté jusqu'à la mort le Maître et l'Exemple, le consolateur et le vengeur ».

Béziers, '23 mai.

« La loge maçonniaue de Béziers exprime à la famille de Victor Hugo la douleur profonde qu'elle a ressentie en apprenant la mort du poète national.

« La France perd son plus illustre citoyen, rhumanité son plus vaillant défenseur. »

Lyon, 23 mai.

« La commission départementale du conseil général du Rhône exprime à la famille de Victor Hugo la part immense qu'elle prend au deuil qui vient de la frapper et qui est un deuil national. »

Besançon, 23 mai.

Le conseil municipal de Besançon envoie l'adresse suivante à la famille Hugo :

a Sa ville natale, par Torgane dû conseil, dépose aux pieds de Victor Hugo, qui n'est plus, ses sentiments de deuil et de profonde tristesse.

« La gloire du plus grand de ses enfants, rayonnera éternelllement sur elle et le monde

entier. Par son génie, il est le maître des littérateurs et des poètes. Par son amour de la Patrie et de la Liberté, il est l'ennemi et le vengeur des usurpateurs et des despotes, et la puissance de son cœur et son ardeur pour l'humanité le placent en tête des protecteurs des opprimés, des petits et des faibles. »

Montpellier, 23 mai.

« La colonie grecque de Montpellier tient à rendre un dernier hommage au grand poète français, à qui la Grèce renaissante a inspiré une sublime poésie, au eénie dont TEurope entière porte aujourd'hui le deuil. »

« Les jeunes gens originaires d'Egypte, qui suivent les cours des Facultés de Montpellier, adressent à la famille de Victor Hugo leurs sincères sentiments de condoléance ; ils saluent le génie du dix-neuvième siècle dont la puissante voix a fait souvent trembler les despotes et qui s'éleva toujours en faveur de la justice et de la Hberté.

« Les Egyptiens n'oublieront jamais les prédictions du vieillard sublime qui, il y a deux ans à peine, a souhaité et promis a TEgyte la liberté sainte.

« La France et l'Egypte sont plongées aujourd'hui dans le même deuil. »

JH ♦

« Les étudiants bulgares, à Montpellier, entants d'un peuple opprimé, s'agenouillent pieusement devant la tombe de celui qui fut le défenseur et le père de tous les opprimés. »

Ali ministre de Grèce à Paris :

« Athènes, le 23 mai.

« C*est avec un poignant regret que nous venons d'apprendre la mort de Victor Hugo.

Le roi, notre auguste souverain, son gouvernement, le pays tout entier, s'associent à rimmense douleur de la France pour la perte du grand poète, de Téminent citoyen, du champion de la liberté des peuples. Le monde civilisé tout entier doit regretter Victor Hugo.

« Le peuple grec pleure en lui le plus ancien, le plus généreux et le plus constant des philhefiènes. Je suis donc l'interprète des sentiments de notre souverain et de nos concitoyens en vous priant d'offrir nos compliments de condoléance à la famille du défunt, de suivre son convoi, et de déposer une couronne d'immortelles sur sa tombe.

« Le président du conseil^ ministre des affaires étrangères,

« THÉODORE p. DELYANNIS. »

-1 monsieur Naquet.

a Navré de la mort du grand Hugo, je m'associe à la douleur de sa famille et du monde entier. Veuillez témoigner mes sentiments à M. Lockroy. Je me rendrai k Paris pour accompagner la chère dépouille et déposer la couronne de fleurs que ma patrie s'honore de laisser comme souvenir.

« Signé : gonzalès,

« Premier secrétaire de la légation d'Uruguay à Londres ».

Mexico.

« La Chambre nationale des Etats-Unis du Mexique a décrété des honneurs funèbres à la mémoire de Victor Hugo, et pleure avec la famille de cet homme illustre une si grand(»

perte.

« MANUEL GONZALEZ COSIO,

« Président de la Chambre des députés ».

« La maison de Lar. et de Lara (ancienne maison royale et nationale d'Espagne) adresse ses comphments de condoléance à la famille de Victor Huço, en souvenir plein de gratitude, des belles pensées inspirées au grand poète, dans sa Légende des Siècles, par un des membres de leur famille, le Cid.

« Cte PIERRE DE LAR et DE LARA. »

A la famille de Victor Hugo.

« Les étudiants hellènes, à Paris, s*étant réunis à la nouvelle de la mort du grand poète, vous prient d'agréer l'expression de leurs sentiments de la plus vive et profonde <iouleur.

« A votre illustre parent , nous devons, nous, une reconnaissance profonde ; il avait prouvé à l'Europe que les poètes de l'école nouvelle, quoiquils n'adorent plus les dieux de la Grèce païenne, admirent toujours les héros, et que s'ils ont déserté l'Olympe, du

moins ils n'ont jamais dit adieu aux Thermopyles.

« Paris, le 25 mai 1885.

a Les délégués :

i< M. ORIGONIS. — J. METAXAS.

— E. MANOLOPULOS. — ELIE J. ANGELOPOULOS. — J.

GHERAKIS. »

« A deux nations sœurs, la France et Tltalie, la main cruelle du destin a, dans ces derniers temps, ravi deux gloires immortelles, Victor Hugo et Terentio Mamiani, le très haut poète et le grand philosophe, Tun et Tautre honneur de Inhumanité. Ils remplissent le monde de leurs noms par la lumière divine du génie, par la noble fierté du caractère, par le patriotisme fécond. Rome et Paris, où battent les cœurs des deux nations, confondent maintenant leurs larmes, et, sur ces deux tombes glorieuses, trouvent une consolation h leur immense douleur dans leur affection fraternelle.

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