EMILIO CASTELAR
Lemberg (Autriche).
a Quand la France pleure, le monde gémit.
(( Comte LÉON ZÉNON ZENOWICZ. »
« Bukarest.
« La perte irréparable que vous, la famille du grand Hugo et la France venez de faire est bien vivement ressentie par nous tous.
« Serrement de main.
<( GEORGES BTBESCO, «
<c La Société des étudiants libéraux de Liège s'associe à la douleur immense qui unit toutes les nations devant le cercueil du maître. )>
« La colonie française de Constantinople se joignant aux représentants de la France entière, empressée aux funérailles de Victor Hugo, rend à Tillustre mort un hommage respectueux et exprime à sa famille ses profondes sympathies.
« Les déjmtés de la Nation,
(( BRI ATA, — TIIOUZERY ».
« Le président de la Société des libéraux de Pise envoie l'expression de la douloureuse émotion que leur cause la mort du grand patriote et du défenseur de l'humanité qui souffre. »
« Le syndicat de la presse portugaise de Lisbonne charge par dépêche M. Dominique Morlas et M. Meulemans, consul général, directeur du Moniteur des consulats, de représenter les journaux de la colonie aux grandes funérailles de Victor Hugo.
« MORLAS. »)
A monsieur Lockroy.
« La loge des Enfants du progrès, à Madrid, prend part à votre douleur et se réunit en séance solennelle en l'honneur de l'immortel Victor Hugo. ,
« FRAGUA »
A monsieur Vacquerie,
« La colonie italienne de Tunis prend une grande part à la perte immense du grand génie Victor Hugo.
« L'Athénée littéraire et de nombreux Espagnols d'Almeria me chargent de vous exprimer leur sentiment de condoléance pour la mort de Victor Hugo . Le pavillon du consulat est en berne depuis vendredi.
« POLUO. »
« Rendant hommage à l'immortel chantre de l'humanité, nous envoyons une députation chargée de déposer une couronne aux pieds
àa grand défunt, en signe de profond respect de notre peuple slave.
« Société des beaux-arts et belles-lettres « de Prague en Bohême, »
« Paris, le 26 mai 1885.
« Monsieur,
« Les Polonais n'ont pas oublié que Victor Hugo, le défenseur constant des nobles causes, a fait entendre en 1864, à la Chambre des pairs, une élquente protestation en faveur de leur nationalité.
« Ils se rappellent que plus tard, en 1852,
Sartageant à Jersey Texil de quelques-uns 'entre eux, il exprima, avec ce chaleureux enthousiasme et cette profonde intuition dont il avait le secret, ses sympathies pour leur cause et ses espérances pour la Pologne.
« Ils ont présent à Tesprit l'adresse à l'ar mée russe par laquelle le grand poète indiquait, en 1863, leur véritable devoir aux officiers chargés de la répression.
<c Ils n'ignorent pas enfin que, en toute occasion, l'apôtre des Etats-Unis d'Europe signalait l'écrasement de la Pologne comme une plaie saignante que cette Europe avait le devoir de guérir.
« Aussi, monsieur, c'est l'expression de notre reconnaissance nationale que nous vous 5 rions de vouloir bien faire agréer à la famille e Victor Hugo, en même temps que celle de la douleur qui nous est commune avec tous les admirateurs de l'homme illustre pleuré du monde entier : car nous avons l'intime conviction que les délégués de l'émigration polo-
naise qui suivront les funérailles représenteron bien réellement les sentiments de toute vme nation.
« Pour les émigrés polonais l
« V. GAszTOWK, 81, rue Nollet.
« BOLESLAS RUBACH, 18, ruo Lamarcfc.
«JOSEPH HORODYNSKi, 16, rue St-Jeaîi »
Paris, le 25 mai 1885.
« Mon cher collègue,
« Je ne veux pas tenter d'arriver auprès de Mme Lockroy dans le moment où son cœur est centriste d'un si grand deuil. Mais je vous prie de lui dire ma douloureuse sympathie avec mes respectueux hommages.
« Agréez, vous-même, Fassurance de mes sentiments les meilleurs et les plus distin-
gués.
« E. DUCLERC, sénateur. »
A Jeanne Hugo
On eût pu rester froid devant l'apothéose, On n'aurait pas pleuré s'il n'eut été qu'un dieu ; Mais auprès du Titan une belle enfant rose A reçu son humain sourire pour adieu.
La douleur dans les chairs enfonçait son épieu ; n gisait expirant, le vieillard grandiose.
Et la mort achevait son œuvre, et peu à peu Le souffle se retire et la paupière est close.
Alors celui qui va dormir «au Panthéon Et partager le siècle avec Napoléon, Pendant qu'on lui prépare une pompe trajanc^
Rouvrit son œil profond qui dans le ciel rêvait Pour revoir la fillette en pleurs à son chevet. Et tendrement, du fond de la mort : Adieu, Jeanno
27 mai 1885.