‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 31 sur 127 · RUIZ ZORILLA · texte numérisé non relu

RUIZ ZORILLA

A monsieur de Hérédia^ député de Paris.

« Les vétérans lombards de la guerre de l'indépendance italienne, s'associant au deuil où met l'univers la perte du grand poète Victor Hugo, vous prie de la représenter dans la solennelle démonstration funéraire que la France et le monde entier vont rendre à ce grand homme.

a Le Président^

« PRANDINA. »

A monsieur Lockroy,

« La noble France pleure aujourd'hui un grand poète, et l'humanité prend aussi le deuil.'

« Victor Hugo fut inspiré dans ses odes sublimes, dans ses drames émouvants, dans ses chants lyriques, mais il le fut plus encore lorsque, dans sa prose éloquente ou dans ses vers merveilleux, il trouva un accent pour soulager le malheureux, une note pour défendre l'opprimé, une strophe pour célébrer toutes les victoires dje la civilisation, une ode pour chanter les conquêtes du droit et les triomphes de la hberté, un anathème pour souffleter les tyrans.

« Victor Hugo fut le représentant del'Idéa-

lisme ; il eut foi dans les progrès continus delà Vérité, de la Liberté et de la Lumière ; aussi, armé de sa lyre d'or et de sa parole de feu, fut-il le défenseur de la Patrie, de la Liberté et du Bien.

« Sa gloire rayonne sur toutes les nations du monde civilisé ; chaque cœur est un temple qui conserve sa mémoire ; et les siècles lui préparent un piédestal aussi vaste et aussi inébranlable que les Andes.

« TORRES-GAICEDO. »

22 mai.

A M. Lockroy,

<f Cher député et cher collègue,

« J'étais invité à prendre part aux expositions qui ont eu lieu à Moulins, à l'occasion du concours régional d'agriculture, et je n'ai pas pu aller m'inscrire à la maison mortuaire. Je vous prie de faire agréer mes excuses à Mme Lockroy et à ses enfants et de croire que personne ne sent plus vivement l'immense perte que viennent de faire la France et le monde entier.

a Permettez-moi, mon cher collègue, de vous dire que pendant les trois derniers mois du siège de raris, j'ai été l'hôte assidu du pavillon de'Rohan, où j'étais accueilli avec la plus grande bienveillance par le grand poète, qui était en même temp, ce qu'il a toujours été, le patriote ému, le dévot de la France, prêt à tout pour lui éviter une douleur ou une honte.

« Laissez-moi ajouter que pendant cette pé; riode d angoisses qui devait se terminer si malheureusement, mon cœur a battu près du;

APRES LA MORT l>

sien, et que c'est, sans aucune comparaison, le plus grand souvenir de ma vie.

« Je ne saurais donc manquer de me joindre personnellement au cortège de ces funérailles, mais je dois y assister officiellement avec la délégation du conseil de perfectionnement du Conservatoire.

« Veuillez agréer, cher député et cher collègue, Texpression de mes sentiments dévoués et affectueux.

« Le directeur du Conservatoire national des Arts-et-Métiers.

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