‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 55 sur 127 · HENRI LANNES · texte numérisé non relu

HENRI LANNES

L'Ecbo de Paris ;

Il a forgé, sur l'enclume sonore de- la rime,

une langue poétique neuve et puissante. Tous les poètes se sont approvisionnés par la suite à sa forge souveraine. Il a « disloqué ce grand niais d'alexandrin », mais à la façon de Torthopédiste qui fracture et brise les membres contrefaits pour les ramener dans leur ordre naturel et régulier. Victor Hugo a été le chirurgien des lettres françaises et a sauvé la langue après avoir paru la brutaliser.

Victor Hugo n'aurait pas été Thomme complet et supérieur que la postérité reconnaîtra, comme ses contemporains l'acclament, s'il s'était détaché des préoccupations de son siècle, s'il s'était cantonné dan^ une indifférence idéale pour les problèmes de son temps. Victor Hugo a marché avec les idées et les hommes du dix-neuvième siècle. Sa carrière politique est une ascension constante. Il s'est élevé vers le progrès, vers la liberté, vers la lumière. Né royaliste, il est mort républicain.

« Qu'avez vous fait ? » lui écrivait un de ses parents endurci, indigné de ce qu'il appelait son apostasie, et Victor Hugo répondit dans une pièce fameuse des Contemplations : « J'ai grandi ! »

Ce n'est pas sans un légitime sentiment de vanité que nous comptons parmi les nôtres le grand poète. La République affirmée et défendue par Victor Hugo, quel argument pour nous, quelle foudroyante réponse aux obstinés partisanjs des prétendues splendeurs de la monarchie !

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