‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 75 sur 127 · EDOUARD GRIMBLOT · texte numérisé non relu

EDOUARD GRIMBLOT

Le Journal d'Alsace :

« Victor Hugo est mort. Le grand maîtrede la langue française, le poète dont la muSe a célébré toutes les gloires comme elle a.

cherché h consoler toutes les misères, celui qui était entré tout vivant dans l'immortalité, celui que Thistoire a d^à placé à côté d'Eschyle, de Corneille, de Schiller et de Shakes- Seare, celui qui de son génie a illuminé la 'rance pendant plus d'un demi-siècle, n'est plus depuis hier. Paris a pris le deuil aussitôt que la fatale nouvelle s'est répandue et tout le peuple français s'apprête h faire des funérailles royales à ce roi de la plume et de la pensée. »

Ce poète, à la fois lyrique, satirique et dramatique, a été le plus créateur ae tous les écrivains de son pavs et de son temps, de cet homme phénoménal qui a fait passer par son cerveau toutes les idées de son siècle et les a fixées pour la postérité en leur donnant une forme incomparable et étonnante.

Victor Hugo réunissait en lui Rabelais, Ronsard, Corneille, Voltaire, en y joignant quelque chose des prophètes, d'Eschyle,- de- Juvénal, du Dante, de Shakespeare et de Gœthe. 11 était grand, non seulement pour la France, mais pour le monde, il n'est pas immortel pour la France seulement, il est immortel pour tous les peuples. Le temps élaguera, n est vrai, l'œuvre immense et luxuriante du gigantesque poète ; mais le legs de . Îjénie que cet homme extraordinaire fait au . ointaiû avenir, n'en demeurera pas moinsénorme.

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