‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 98 sur 127 · VICTOR HUGO AUX INVALIDES · texte numérisé non relu

VICTOR HUGO AUX INVALIDES

Nous recevons d*un médecin bien connu, et qui fut Tun des amis du Maître, une lettre très intéressante. Nous en extrayons les passages suivants :

a S'il est une place à choisir pour Victor Hugo, ce n'est pas, actuellement du moins, le Panthéon, d*où tant de vicissitudes ont tour à tour banni les grands hommes qu'on y a placés. Au poète-patriote, il convient de réserver un autre séjour.

a C'est aux Invalides, à côté des grands guerriers qu'il a célébrés et immortalisés dans ses odes ou dans les merveilleux chapitres de Waterloo, que sa place est toute marquée.

a De même que les Anglais, sans s'occuper des question d'opinion, enterrent leurs grands morts à Westminster, de même nous autres Français pouvons-nous faire une exception justifiée et glorieuse en couchant côte à côte ceux qui ont combattu les grands combats, et celui qui les a chantés et rendus à jamais célèbres. Si les Grecs retrouvaient la dépouille d'Homère et celle d'Achille, il leur conviendrait de les joindre dans la même couche funèbre. »

U Eclair eur du Littoral, à Nice ;

Tout s'épuise, même la douleur.

L'heure est venue de sécher les larmes :

l'apothéose commence.

Ce ne sont pas de banales funérailles qu'il faut au Maître, c'est un témoignage éclatant de toute une grande nation.

Dès la première heure, nous Tavons. dit :

Victor Hugo doit être porté triomphalement au Panthéon qui, à cette occasion unique, doit, selon Tesprit dans lequel il fut créé, redevenir le temple civil consacré aux grands hommes p^a^r la patrie reconnaissante.

Le Journal du Midi :

L'apothéose commence, apothéose grotes- (|ue et sacrilège qui ridiculise Thomme au lieu de le grandir.

L'Arc de Triomphe ! le Panthéon ! Comme si le poète eut incarné toutes les gloires!

Comme si l'auteur des Châtiments et de Torquemada dût prendre place dans l'histoire entre Mirabeau et Napoléon.

Il faut donc que l'immense orgueil qui adominé sa vie trop longue, plane encore sur sa mort et que la pose prétentieuse qui a défiguré son talent et amoindri son caractère, grimace une dernière fois sur son cercueil !

Au moins si tout le monde pouvait s'associer à ces funérailles dites nationales ! Si Ton nous permettait d'oubher, devant la tombe, le barde farouche de la démagogie, pour ne songer qu'à Taède inspiré qui, dans la pureté de sa jeunesse, a chanté nos rois, notre patrie et notre Dieu !

Il y aurait dans cette unanimité d'un peuple quelque chose de grand et de respectable et sans justifier l'exagération des hommage», nous trouverions de quoi les excuser.

Mais non ! L'impiété s'est emparée de ce cadavre : la secte anti-religieuse et le parti révolutionnaire, hideux vampires, en ont fait leur proie.

Bulletin des Lois .

Loi relative aux funérailles de Victor Hugo,,

Le Sénat et la Chambre des députés oxA^ adopté,

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article premier. — Des funérailles nationales seront faites à Victor Hugo.

Art. "2. — Un crédit extraordmaire de vingt.

mille francs (20,000 fr.) est ouvert, à cet effet, au budget du ministère de Tintérieur, exercice 1885, chapitre 62 : « Funérailles de Vie*ter Hugo. »

Il sera pourvu à cette dépense au moye»

des ressources générales du budget ordinaire: de Texercice 1885.

La présente loi, délibérée et adoptée par V Sénat et par la Chambre des députés, sera^ exécutée comnre loi de l'Etat.

Fait à Paris, le 24 mai 1885.

JULES GRÉVY

Par le Président de la République, Le Présideut du conseil, garde des sceaux^ ministre des cultes,

HENRI BRÏSSON.

Le ministi^e des finances^

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