IV AVANT-PROPOS
quée de notre projet. A force de vivre dans la compagnie des personnes de mérite, elle avait conçu en effet, une fort modeste idée de son esprit, de ses connaissances et de ses talents. En 1873, un jour que V architecte Robelin la surprit remettant de V ordre dans ses « gribouillis », il crut qu'elle se livrait à la littérature épistolaire, et demanda gravement « quand cela paraîtrait ». — « Bonne question ! » fit-elle, et elle éclata de rire.
Mais il n'en allait pas de même de Victor Hugo. Ce parfait connaisseur attachait aux improvisations de son amie une véritable importance. Chaque fois qu'elle les voulut détruire, il ordonna de les conserver. Chaque fois qu'elle proposa d'y mettre fin, il pria qu'elles fussent continuées. Enfin, nous avons eu sous les yeux une lettre médite, dans laquelle il s'écrie :
« Tes lettres, ma Juliette, c'est mon trésor, mon écrin, ma richesse ! Notre vie est là, déposée jour par jour, pensée par pensée. Tout ce que tu as rêvé est là, tout ce que tu as souffert est là. Ce sont autant de petits miroirs charmants dont chacun reflète un côté de ta belle âme. »
Dans un autre billet, il ajoute : « J'aime ton âme, comme j'admire ton visage. Tu es un livre admirablem < ut relié. Je te remircie de m'y avoir si souvent laissé lire. »
Pour Juliette Drouet, comme pour son biographe, voilà peut-être une approbation et un patronage suffisants.
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Le château de Fougères.
(D'après un dessin inédit de Victor llnyo, appartenant à M. Louis Barthou.)