‹ Victor Hugo et son tempsChapitre 136 sur 198 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

société, au fond, en a horreur et n'en veut pas! Vous avez beau faire, les par- •tisansde la peine de mort ont beau faire, et vous voyez que nous ne confondons pas la société avec eux, les partisans de la peine de mort ont beau faire, ils n'innocenteront pas la vieille pénalité du talion ! ils ne laveront pas ces textes hideux sur lesquels ruisselle depuis tant de siècles le sang des tètes coupées !

« Mon fils, tu reçois aujourd'hui un grand honneur, tu as été jugé digne de combattre, de souffrir peut-être, pour la sainte cause de la vérité. A dater d'aujourd'hui, tu entres dans la véritable vie virile de notre temps, c'est-à-dire dans la lutte pour le juste et pour le vrai. Sois fier, toi qui n'es qu'un simple soldat de l'idée humaine et démocratique, tu es assis sur ce banc où s'est assis Déranger, où s'est assis Lamennais !

« Sois inébranlable dans tes convictions, et, que ce soit là ma dernière parole, si tu avais besoin d'une pensée pour t'affermir dans ta foi au progrès, dans ta croyance à l'avenir, dans ta religion pour l'humanité, dans ton exécration de l'échafaud, dans ton horreur des peines irrévocables et irréparables, songe que tu es assis sur ce banc où s'est assis Lesurques ! »

Une, émotion indescriptible succéda à ce discours et toutes les mains se tendirent vers l'orateur.

Après une réplique de l'avocat général, W Crémieux prit à son tour la parole et défendit avec une grande éloquence le rédacteur, le gérant de l'Événement.

Quel fut le verdict du jury? quelques extraits des journaux du temps vont nous l'apprendre. On lisait le soir même dans la Presse :

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