‹ Victor Hugo et son tempsChapitre 163 sur 198 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Sommaire : Vote da 2 juillet 1871. — Le mandat impératif et le mandat contractuel. — Élection du 7 janvier 1872. — Rôle politique de Victor Hugo après la guerre. — La libération du territoire. — Mort de François Hugo (26 décembre 1873). — Ses obsèques. — Discours de Louis Blanc. — Obsèques de M™' Louis Blanc. — Croyances religieuses du poëte. — De l'expulsion de Belgique à l'entrée an Sénat. — L'Année terrible (1872).

Pendant le voyage de Victor Hugo eurent lieu les élections du 2 juillet 1871, élections faites sous l'état de siège et viciées par une radiation arbitraire, qui écarta du vote 140,000 électeurs. L'absent n'obtint que 57,000 suffrages.

— J'ai fait mon devoir, rien que mon devoir, tout mon devoir, écrivait-il de Vianden en apprenant cette nouvelle. Qui fait son devoir est habituellement abandonné. C'est pourquoi ayant eu en février, dans les élections de Paris, 214,000 voix, je suis surpris qu'il m'en soit resté, en juillet, 57,000. J'en suis profondément touché. J'ai été heureux des 214,000; je suis fier des 57,000. —

Il avait alors une nouvelle tâche à remplir, tâche à laquelle il consacra toutes ses forces, le relèvement de la patrie. 11 enseigna la concorde, il s'efforça d'avancer l'heure de l'établissement définitif de la République. Il soutint éloquemment que la puissance matérielle de la France était seule atteinte et que sa puissance intellectuelle demeurait entière. Il lutta contre les tentatives criminelles de la réaction.

Victor Hugo, après avoir donné sa démission de représentant de l'Assemblée de Bordeaux, avait dit à la réunion de la gauche radicale : « Dans cette Assemblée, la majorité ne veut pas qu'une idée se fasse jour. Elle n'a pas voulu entendre Garibaldi, elle n'a pas voulu m'entendre... Tenez, le jour où M. Thiers cessera de lui plaire, la droite le traitera comme elle a traité Garibaldi, comme elle m'a traité, et je ne serais pas surpris qu'elle le forçât, lui aussi, à donner sa démission... La Chambre introuvable est retrouvée, nous sommes en 1815. »

Cette prédiction se devait réaliser comme tant d'autres faites par l'homme

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