CHAPITRE XXXVIII
graver vu toutes mes petites indisciplines qui nie font user autant de la barbe de ma plume que du bec, prenez-en un autre parmi ceux que vous avez bien voulu recevoir de moi. »
M'"' Lockroy, M'"» Drouet ont de ces précieux souvenirs, et l'on voit dans le cabinet de travail de Paul Meurice une immense sépia représentant une ville forte entourée de hautes fortifications, œuvre datée, nous l'avons tlit, du siège de Paris.
Si Victor Hugo a beaucoup dessiné , en revanche il a été maintes fois le sujet de dessins. Ciseaux, pinceaux, pointes, crayons, ont tour à tour, à l'cnvi, tenté de reproduire cette tète énergique et puissante. 11 est intéressant de suivre, à travers les diverses inspirations des artistes, les transformations successives de cette tête dont la beauté a tant de fois changé de caractère.
Un curieux catalogue, de M. Aglaiis Bouvenne, nous donne cette nomenclature. 11 est intitulé : Victor Hugo, ses portraits et ses charges, de 1827 à 1879; nous dirons plus loin quelques mots des portraits; quant aux charges, elles oflVent un grand intérêt et sont au nombre d'une centaine.
11 en est d'amusantes ; quelques-unes, celles de Daumier, sont irrévérencieuses, mais la plupart, surtout les plus récentes, sont plutôt un témoignage de vénération qu'une satire.
Les caricaturistes se sont arrêtés devant la gloire et n'ont crayonné qu'avec admiration.
Au reste, le poète a permis toute licence.
C'est au-dessous d'un dessin d'André Gill qu'il écrivit, en 1867, cette ligne que l'Empire fit effacer et qui résume toute sa manière de voir en art connne en politique :
« Je veux toute la liberté, comme je veux toute la lumière. »