CHAPITRE XL
Sommaire ; L'anniversaire du 27 février 18S1. — Les petites filles de Paris souhaitent à Victor Hugo sa ft'te. — Vers de Catulle Mondes. — Ovation populaire. — Paris défile devant la maison du poste et l'acclame. — Enthousiasme de la foule. — La représentation du Trocadcro. — Chez Victor Hugo. — Les poètes au Poëte. — Dernière reprise de Lucrèce Borgia au théâtre de la Gaité. — Édition ne varietur des œuvi-es inédites du maître. — Les Qiiotre vents de l'Esprit. — La statue do Victor Hugo.
Notre tâche est achevée. Simplement, à l'aide de documents et de faits, nous avons esquissé la vie du plus grand homme de ce siècle. Si bref que soit ce récit, nous espérons que la noble et haute figure du poëte apparaît dans notre livre nettement mise en lumière. Nous n'avons rien tu, rien caché; toutes les œuvres, tous les actes, nous les avons rappelés ; nous nous sommes elTorcé de pénétrer dans une conscience et dans un génie, mais nous avons fait modestement cette tentative.
« Un poëte est un monde enfermé dans un homme. » Pour raconter Victor Hugo , il se faudrait appeler Victor Hugo , et nous nous sommes seulement contenté de suivre dans son développement cette merveilleuse intelligence, de noter ses manifestations, d'analyser ses productions.
Nous l'avons connu, vieillissant comme un chêne robuste, ou plutôt comme un (le ces arbres des tropiques qui, deu.x fois séculaires, poussent de vigoureux rameaux, des feuilles immenses, enroulant autour de leurs troncs à la rude écorce des lianes fleuries, étendant à leur pied l'ombre, la fraîcheur, le parfum, alliant la force à la grâce, imposant l'admiration et donnant à la fois le repos et la joie.
Nous avons dit ses efforts, ses luttes, ses triomphes, ses nobles actions. A dix-neuf ans, il oflrait asile à un proscrit; sa mission a été d'arracher les victimes aux bourreaux; non seulement il a cherché à sauver les martyrs du droit, mais encore il a imploré la grâce des empereurs. N'est-ce pas lui qui écrivit à Juarez pour lui demander la vie de Maximilien?
« Il fait le bien par un don de nature comme le soleil fait le jour. »
II était réservé à cette existence merveilleuse, et qui n'est point encore achevée, une apothéose véritable. Une fête sans procèdent a été célébrée à Paris,