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CHAPITRE PRÉLIMINAIRE

LA MAISON NATAl-E DE VICTOR HUGO, A BESANÇON

aussitôt le maire de la ville, dans un chaleureux discours, prononça le nom tant acclamé et tant fêté, le nom du poëte de France, de Victor Hiigo.

Chose étrange ! Alors que l'humble demeure oîi est né William Shakespeare à Stratford-sur-Avon est, depuis longtemps, un lieu de pèlei'inagc pour toute l'Angleterre intelligente, la maison natale de Victor Hugo était, jusqu'à présent, pour ainsi dire ignorée. Besançon, au nom de la France, a enlin réparé cet oubli et offert un pieux hommage à celui de ses fils qui a le plus de gloire, au chantre immortel, au défenseur le plus généreux de la République.

Le discours de M. Oudet, où nous puiserons des documents précis et intéressants, fut fréquemment interrompu par d'unanimes applaudissements.

Aux derniers mots de l'orateur, sur un signe de lui, un voile de velours cramoisi, placé entre deux des fenêtres du premier étage, tomba, et, tandis que la foule cnlassce sur la place, suspendue aux fenêtres et aux balcons, poussait des vivats, on découvrit la plaque commémorative qui désormais signalera le lieu de naissance de Victor Hugo au respect public.

Cette plaque, ou plutôt ce cartouche incrusté à, la façade, est en bronze. Une lyre sur laquelle montent deux branches de laurier d'or dresse ses cinq cordes au-dessus d'une inscription qui, d'après le désir du poëte, se compose uniquement d'un nom et d'une date :

VICTOR HUGO 26 fh-ricr 1802

La lyre est couronnée par la rayonnante figure d'une République étoilée.

Pendant que retentissaient les acclamations, une enfant, fille du propriétaire de la maison, apporta au maire, qui le remit à M. Paul Meurice, un superbe bouquet destiné à Victor Hugo.

Avant d'achever la description de cette fête vraiment nationale, il nous faut en quelques lignes retracer l'intéressant historique de la demeure à jamais célèbre oîi naquit un des plus puis^^ants génies qui aient éclairé le monde.

Cet historique fait partie de la biographie même de Victor Hugo.

11 y a peu d'années encore, lorsque le touriste cherchait la maison natale du poëte, il se trouvait en présence de deux versions. Les uns citaient un des vieux hûiels de la petite rue Mairet, qui conduit au théâtre ; les auires, la place Saint-Quentin.

. Les derniers avaient laison, ainsi que l'apprit le livre consacré aux premières années de Victor Hugo.

A M. Oudet, sénateur et maire de Besançon, était réservé l'honneur d'indiquer il la vénération du peuple le plus illustre des berceaux.

Dans une proposition faite à son conseil municipal, le 3 mars 1879, celui-ci déclara que la ville où était né Victor Hugo avait le droit de s'enorgueillir d'une telle naissance et le devoir d'en conserver et d'en transmettre la tradition.

Le 7 ventôse an X de la République française (26 février 1802), à dix heures et deuiie du soir, naquit, lappela-t-il à Besançon, un enfant du sexe masculin, fils légitime de Joseph-Léopold-Sigisbert Hugo, chef de bataillon de la 20' demi-brigade, demeurant en cette ville. L'enfant reçut les prénoms de Victor-Mai-ie. L'acte de naissance, que nous reproduirons, fut rédigé le lendemain, sur le registre de l'état civil de la première section, par M. Ch. Seguin, adjoint au maire.

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