‹ Victor Hugo et son tempsChapitre 6 sur 198 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

le dernier, général. C'est celui qui eut pour fils Victor Hugo, fils illustre, dont le xix« siècle portera sans doute le nom, que l'histoire a recueilli depuis lont^temps déjn.

Un instant attaché comme aide de camp et secrétaire au général Alexandre Bcauharuais, le jeune oITicier Joseph Hugo le quitta pour suivre en Vendée son

ami inlinie le général Muscar. Ce fut sa compagnie qui, en 1795, prit Charette, dans les bois de la Ghabotière.

Dans cette campagne, où il donna mille preuves de son héroïsme et de sa bonté, il gagna-les épaulettes de capitaine-major.

Son service, qui l'appelait fréquemment à Nantes, le mit en relation avec un armateur appelé Trébuchet. Celui-ci avait trois filles dont l'une, Sophie, ne tarda pas à captiver le cœur du capitaine. Elle devint sa femme. Nous n'avons point à rappeler ici les détails de cette union ; ils sont connus et ont été racontés dans le livre de M""= Victor Hugo.

Le mariage eut lieu à Paris, où le fiancé avait été appelé comme rapporteur au premier conseil de guerre de la Seine. De ce mariage naquirent d'abord deux fils, Abel et Eugène. Peu après la naissance de ce dernier, le père dut partir pour la campagne du Rhin, comme attaché spécialement à la personne du général Moreau, qui avait pour chef d'état-major l'adjudant-général Victor Lahorie et pour aide de camp le chef de brigade Jacques Delelée, de Besançon. Le major Hugo se lia intimement avec tous les deux.

Son caractère, est-il dit dans la Biographie des contemporains, était un heureux mélange de franchise, de candeur et de bienveillance. Homme d'esprit, d'une conversation pleine de souvenirs intéressants, à la foi instructive et agréable.

Écrivain, il a laissé d'importants ouvrages relatifs à l'art militaire et que nous aurons plus tard à citer. Il donna à ses enfants l'exemple du devoir et leur enseigna l'honneur.

Quand il revint de la campagne du Rhin, il était chef de bataillon et, dans les premiers mois de ISOl, il fut appelé en cette qualité au commandement du 4° bataillon de la 20^ demi-brigade, alors en garnison à Besançon.

A cette époque, Jacques Delelée, l'aide de camp de Moreau, était rentré à Besançon où il habitait avec sa jeune femme, Marie-Anne Dessirier, dans une maison de la rue des Granges. Cette dame Delelée, morte à Besançon en 1850, a fait maintes fois à ses compatriotes le récit de la naissanee de Victor Hugo. En arrivant dans cette ville, le commandant Hugo descendit chez son ami Delelée qui lui donna l'hospitalité pendant trois mois environ. Après quoi, ayant rappelé près de lui sa femme et ses deux enfants, il loua le premier étage de la maison de la place du Gapitole dont nous avons retracé l'histoire. M""" Hugo, femme d'un soldat de la Révolution et de l'Empire, ami de Desaix, de Jourdan et de Joseph Bonaparte, était, elle, l'amie de M'"= La Rochejaquelein; Vendéenne, intelligente, douce et vaillante, catholique convaincue, elle n'était cependant point dévote. Elle fut le modèle des mères.

Quelque temps après qu'elle eut rejoint son mari, un troisième enfant s'annonça. Le père ayant déjà deux garçons désirait une fille qui se devait appeler Victorine. On chercha d'abord un parrain à l'enfant qui allait naître. La marraine était toute trouvée. C'était M'"" Delelée.

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