CHAPITRE XIV
Sommaire : La révolution de Juillet 1830. — Représentation de Marion de Lorme (11 août 1831).
— Pour quelles raisons le poëte retarda les représentations de ce drame. — Accueil du public.
— Quelques parodies. — Cri d'indignation de Jules Janin. — Le Roi s'amuse. — Première représentation, le 22 novembre 1832. — Un critique sévère. — Interdiction immédiate de ce drame. — Causes de cette interdiction. — Le libéralisme des ministres de Louis-Philippe. — Procès devant le tribunal de commerce. — Polémique honteuse des journaux. — Réponse du pocte. — Lucrèce Borgia, — Ses interprètes. — Retentissant succès de ce drame. — Un duel évité.
O.MI5ATTRE poui' !a liberté, telle était la devise romantique qui devint le mot d ordre du peuple. Paris, indigné par la publication des ordonnances de Charles X et par , ^^ .^, ^ ^ les actes du ministère Polignac, se sou-
/fr*^^ V/=^^Y ^'^^^ ^ •''^ fi» de juillet 1S30, et pria le roi
^ 'M?^m "^f ^ ''"^ France d'aller méditer en e.xil sur les
inconvénients du despotisme. En même temps que la révolution littéraire, une révolution politique s'accomplissait. Malheureusement le parti républicain n'était point encore parvenu à se reconstituer assez puissamment, et la couronne changea seulement de front. Elle passa de la branche aînée à la branche cadette des Bourbons. Louis-Philippe, après s'être sournoisement glissé derrière le trône, parvint à en gravir les degrés et essaya d'acclimater en France un gouvernenien/, bâtard et désormais impossible, la monarchie constitutionnelle.
Nous dirons quels furent les rapports de Victor Hugo avec le roi Louis- Philippe, mais auparavant, fidèle à notre programme, nous résumons tous les incidents relatifs à son œuvre dramatique.
Charles X chassé, rien ne s'opposait plus à la représentation de Mtirion de Lormc, interdite en 1829, on ne l'a pas oublié, par la censure et par le veto royal.