CHAPITRE XVI
Sommaire : Les Orientales. — Un portrait de Victor Hugo signé Théophile Gautier. — Respect inspiré par le poëte. — Nouveaux changements de demeure. — La maison de la rue Jean- Goujon. — Une tentative d'assassinat. — Négociations relatives à la Revue des Deux Mondes. — M. Buloz. — M. Xavier Marmier. — La vie de famille. — Les Feuilles d'automne (ISSIL — Manuscrits. — Les Chants du crépuscule (1835). — Les Voix intérieures (.1S37). — Les Bayons et les Ombres (1838).
Avant de se faire le champion de la liberté politique, Victor Hugo fit donc triompher la liberté littéraire; tous ses actes, toutes ses paroles ont eu un but, l'énuincipation humaine.
Nous avons cru devoir grouper ce qu'il nomme « sa tentative » dramatique, afin qu'on pût embrasser i'ensemble la portée considérable de cette œuvre : pour cela il fallait abandonner l'ordre chronologique des publications du poëte. Retournant de quelques années en arrière, nous allons maintenant poursuivre l'examen de ses premières œuvres lyriques. Nous revenons à 1829, époque où furent publiées les Orientales.
Ces poésies magnifiquement colorées, lumineuses, étincelantes, pleines de soleil, marquent ce qu'il nous est permis d'appeler la seconde manière lyrique de Victor Hugo ; elles sont une suite de visions des pays de l'Orient, visions revêtues d'images éclatantes, d'une forme pure autant que belle; sous les rimes harmonieuses et sonores, sous les riches couleurs d'un artiste incomparable, s'animent les paysages orientaux, et en même temps qu'il peint la nature, le poëte chante, exalte les plus généreux sentiments de l'homme, l'amour de l'indépendance, le culte de la patrie. l\ décrit le feu du ciel et Navarin, puis passe, avec une constante variélé de forme et de ton, de la fière réponse de l'enfant grec qui veut de la poudre et des balles aux rêves paresseux et charmants de Sara la baigneuse.