‹ Victor Hugo et son tempsChapitre 84 sur 198 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

pour principe et pour fin, et qu'il tente un noble effort avec persévérance et loyauté.

Ce qu'il tente d'écrire, c'est le poëme de l'homme. Il ne s'imagine pas avoir écrit ce poëme, mais il déclare qu'un poëte véritable doit contenir la somme des idées de son temps et avoir un chant en lui-même, le chant de l'humanité.

Pour lui, il aime le soleil, la clarté. La Bible a été son livre, Virgile et Dante ont été ses maîtres. Pendant son enfance il avait rêvé et il avait appris; il a voulu ensuite concilier l'exact et le poétique, parce qu'il faut savoir avant de penser, et penser avant de rêver, et parce que savoir, penser et rêver, cela est le secret de la force.

Ses œuvres ont répondu comme il convenait aux détracteurs que la gloire attachait à ses pas et dont il a eu tort de regretter les colères, qui n'ont servi qu'à le grandir plus vite. Aujourd'hui, quiconque sait lire le lit, quiconque a un cœur l'aime. 11 a accompli ce qu'il rêvait d'accomplir, il a recueilli les fruits de sa moisson.

Ses ennemis n'ont point retardé sa marche; il a pu souffrir de leurs attaques, mais il ne s'est point arrêté. 11 savait qu'il lui était permis d'avoir foi en l'avenir, qui maintenant a jugé.

On peut embrasser d'un regard cette première partie de sa carrière, apprécier déjà l'œuvre grandiose accomplie, comprendre l'homme dont la vie est fière, pure, grave, honorable, indépendante, l'homme dont les idées morales se sont transformées avec la maturité, dont les idées en art se sont agrandies, en qui demeure toujours ardent le culte de la liberté.

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