‹ Victor Hugo et son tempsChapitre 85 sur 198 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Sommaire : Litléralure et Philosophie mêlées. — Le journal d'un jacobite de 1819 et les opinions d'un révolutionnaire de 1830. — Les premières œuvres de Victor Hugo jugées par lui-même. — Étude d'une conscience. — Réflexions sur l'art. — Histoire de la langue française. — Le poëte candidat k l'Académie. — Trois échecs successifs. — La haine de Casimir Delavigne. — La colère de M. Alexandre Duval. — Chateaubriand et Viennet. — Réception solennelle (3 juin 1841). — Un quatrain satirique. — Discours du récipiendaire.

D'autres œuvres avaient paru pendant cette magnifique périorle d'edlorescence poétique. Non seulement Victor Hugo avait publié Notre-Dame de Paris, dont nous résumerons plus loin l'histoire, mais encore, faisant un retour sur lui-même, il avait au grand jour examiné sa conscience et regardé, en ISoi, la route littéraire et la route politique déjà parcourues par lui. Pour nous, abandonnant un moment l'aspect politique de l'homme, nous achevons d'examiner l'écrivain consciencieux qui, sentant le besoin de compter avec le passé, classe en ordre et date « les diverses empreintes qu'il a prises de la forme de son esprit à diiïérentes époques, coordonne, tout en les mettant franchement en lumière, les contradictions plutôt superficielles que radicales de sa vie, et montre par quels rapports mystérieux et intimes les idées divergentes en apparence de sa première jeunesse se rattachent à la pensée unique et centrale qui s'est peu à peu dégagée du milieu d'elles et qui a fini par les résorber toutes ».

Réunissant les notes qu'il a écrites, depuis quinze ans qu'il marche, Victor Hugo permet à chacun de voir de quelle façon et à quel point un esprit loyal peut se transformer par la critique de lui-même, dans un temps de révolution sociale et intellectuelle.

Cette réunion, en deux volumes, de notes, de jugements, de fragments d'œuvres s'intitule Littérature et Philosophie mêlées; le premier livre commence par le Journal d'un jacobite de iSÎ9 et dit les croyances de l'auteur de Han d'Islande. Par quelle série de réflexions et d'expériences passe l'écrivain qui, plus loin, expose les opinions d'un révolutionnaire de 1830? H est permis de s'en rendre compte, puisque l'homme qui a subi ces transformations prend pour juge la foule, et, éclairant sa conscience, indique les états succès-

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