‹ Victor Hugo et son tempsChapitre 9 sur 198 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Et je pense parfois que dans votre génie Nos torrents, o poëte, ont mis leur harmonie, Nos friches leurs p;irfuns et nos rocs leur vigueur! Et, s'il peut être vrai que, par un beau mystère. Nous 1 eflétions en nous tout un coin do la terre, 0 vieux maître, c'est bien d ms la Franche-Comte Que vous avez puisé, pour toute votre vie, Cette sublime soif, sans cesse inassouvie, De justice suprême et d'âpre liberté!

Ces pensées charmantes contiennent sans doute quelque vérité; mais nous devons, historien impartial, tenir compte surtout de la robuste constitution do Victor Hugo. Il fut d'abord souffrant et malingre, mais il avait une poitrine large et de larges épaules; il était en un mot, qu'on nous pardonne celle expression vulgaire, solidement bâti.

C'est à cela et aux soins si tendres, à la vigilance infatigable de sa mère, qu'il dut la vie.

Quoi qu'il en soit, Victor Hugo n'est jamais retourné à Besançon, qu'il quitta, étant encore au maillot, et déjà inscrit parmi les enfants de troupe; il ne lui a même pas été permis de s'y rendre en décembre 1S80. Plus d'une fois il forma le projet d'entreprendre ce voyage toujours retardé par l'âpre labeur quotidien.

Et alors que Lamartine, par exemple, dans ses œuvres, s'occupe si souvent de Milly et de Saint-Point où s'écoula son enfance, Victor Hugo n'a parlé qu'une fois de sa ville natale. On sait dans quels termes.

Il ne connaissait même qu'assez imparfaitement la demeure où il vit le jour; l'hommage rendu à cette demeure sur l'initiative du maire de la ville lui a appris des choses ignorées. Ces choses appartiennent maintenant à l'histoire.

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