‹ Victor HugoChapitre 16 sur 33 · Pays, ii novembre lî · texte numérisé non relu

Pays, ii novembre lî

réussie; une flatterie... à incommoder un homme fier. Victor Hugo a été loué pour ce dernier volume comme en France on loue toute puissance, car littérairement il en est une. Qui songerait à le contester? En France, on peut bien déplacer la flatterie, mais les chiens couchants y sont éternels. 11 y a tels hommes aujourd'hui, dans la littérature contemporaine, qui s'indignent le plus des adorations prodiguées autrefois à Louis XIV, et qui ont été, à leur manière, les d'Antin de Hugo, seulement moins spirituels et moins ducs. Ajoutons à ces torrents d'éloges deux ou trois égratignures, de parti pris aussi, faites en tremblant sur le marbre qu'elles ont cru rayer, mais, en réalité, rien d'appuyé, d'allant droit au cœur de l'œuvre, tout en respectant le poète et la langue dont on se sert pour lui parler; rien que de la critique de bout d'ongles et d'ongles taillés trop fin pour ne pas casser. Voilà tout. Vous le voyez. En somme, nulle critique vraie. Car la critique vraie, c'est la justice, et la justice se compose également de sévérité dans la sympathie et de sympathie dans la sévérité.

Mais, si nous n'avons pas trouvé dans la Légende des Siècles le livre rêvé par le poète dans sa préface, si ces petites Épopées n'en formeront jamais une grande

et ne sont que des fragments poétiques, des carions, comme le dit Hugo encore, — pour le coup caractérisant très bien son genre de travail, — nous avons trouvé un poète que nous n'attendions guères, un poète vivant quand nous pensions trouver un poète mort. Vous venez de le voir, les Contemplations nous avaient paru l'agonie d'un génie poétique, assez fort pour rester individuel, mais qui s'était abandonné aux philosophiesde ce siècle, à ces philosophies dégradées qui l'avaient rendu semblable à elles. Selon nous, il périssait dans ses Contemplations, ramolli dans un panthéisme dissolvant, hébété de métempsycose. Et nous l'avons dit malgré l'exil! car si le poète était banni alors, sa poésie n'était pas exilée et elle habitait parmi nous.

Quand donc on annonça la Légende des Siècles, nous crûmes ne trouver, dans les deux formidables volumes dont on parlait, rien autre chose que les convulsions d'après la mort de ce vigoureux organisme de poète qui devait, tant il était robuste, avoir terriblement de peine à mourir! et nous nous dîmes que ce serait là un triste spectacle, une triste chose à constater d'une manière définitive. Une critique qui adu cœur souffre plus qu'on ne croit des morts qu'elle est teoue de constater. Eh bien, Dieu soit loué, nous avons échappé à cette obligation funèbre! Le poète expirant dans les Contemplations ressuscite aujourd'hui dans la Légende des Siècles, Aujourd'hui le lion, relevé et debout, remet tranquillement sa puissante griffe sur son globe.

Hugo a recommencé de vivre d'une vie plus

intense peut être que ne Ta été sa jeunesse. Dans les nouvelles poésies qu'il nous donne, ce lyrique éternel, même en hexamètres, il y a des accroissements de talent, des approfondissements de manière, des choses enfin que nous n'avions pas vues encore dans Hugo etque nous tenons à honneur (nous plus que personne) de constater.

Or, à quoi imputer ce changement, cette rénovation, cette résurrection, cette touche plus forte revenue à un génie poétique dont nous avions désespéré?... Est-ce seulement, comme dans la santé humaine, la crise mystérieuse qui sauve tout et dont personne ne sait le secret? N'y a-t-il là qu'un de ces revirements soudains comme il en arrive parfois dans ces organisations souveraines? Ou bien, indépendamment des ressources de cette organisation privilégiée, y aurait-il quelque, autre cause dont la critique doive tenir compte et l'histoire littéraire se souvenir?... Victor Hugo reprend-il son génie parce qu'il abandonne les idées auxquelles il l'avait donné à dévorer, comme Oreste son cœur aux serpents des Furies?... Le poète de la Légende des Siècles a-t-il rompu avec le coupable rêveur des Contemplations?

Hélas! malheureusement non, pas encore... Il y a dans ces poésies d'aujourd'hui telles pièces, que nous vous indiquerons, qui disent éloquemment à quel degré de profondeur le mal est de-cendu dans Hugo, quoique la vie du talent y déborde et couvre de son flot brillant le mal même. Mais il est certain nonobstant que le poète s'est séparé, non de conviction

LA LÉGENDE DES SIÈCLES loi

absolue, mais depréoccupation volontaire et fréquente, dans ce livre spécial de poésies, des idées auxquelles il a gardé une foi que dans l'intérêt de son génie nous eussions voulu lui arracher. Il est certain que cette Légende des Siècles, ce livre du passé etdes faits réels, est comme un regard longtemps égaré dans lequel afflueraient de nouveau l'intelligence, le rayon visuel et la lumière, et que ce n'est plus là toujours la fixité effarée de cette pupille dilatée naguères sur les choses de l'avenir, et qui s'efforçait d'en violer les voiles. Il est certain que le poète s'est retrempé dans les sains courants de la tradition, et que, dans son esprit et dans son livre, l'Histoire a — comme partout, du reste, où elle intervient et elle passe, — heureusement foulé la Philosophie sous ses pieds.

« J'ai eu pour but», — nous dit Hugo dans une préface où il nous explique didactiquernent ses intentions, au lieu de les faire reluire dans les lignes pures d'une composition explicite At parfaite, — « j'ai eu pour « but de peindre L'humanité sous tous tes aspects,, . •• Et de fait cela n'est pas irréprochablement exact. Beaucoup d'aspects, et les pi us grands peut-être, manquent, nu contraire ;i cette Légende des Siècles, qui a la prétention d'être la Divine Comédie de l'humanité. Le

nouveau Dante n'a guères vu que l'enfer du passé dans l'histoire; mais d'y avoir regardé, fût-ce dans sa partie la plus sanglante, la plus confuse et la plus sombre, a été un bénéfice net pour son génie, peu fait pour le vague des passions modernes, les nuances des âmes délicates ou morbides et les espérances mystico-scientifiquesdesvieillescivilisations. Dénature et d'instinct, le génie de Hugo est positif comme la matière; il a la précision d'un instrument. La ligne de son dessin tranche comme un fil d'acier, et sa couleur bombe, en éclatant, comme le relief même. Fait pour chanter la guerre avant toutes choses, — car sa première impression d'enfance fut pour lui, comme pour Àstyanax, le panache du casque de son père, — fait pour chanter la guerre, et après la guerre tous les spectacles qui arrivent à l'âme par les yeux:, Victor Hugo est, pour qui se connaît en poètes, un poète primitif, attardé dans une décadence, aimant tout ce qui est primitif, comme la force, par exemple, et ses manifestations les plus physiques et les plus terribles.

Malhabile à mâcher les laugues déliées et molles des époques subtiles et énervées, il n'a de naturel, de sonorité, de mordant dans l'étendue de sa voix que quand il recule de son temps en ces temps que l'insolence des civilisations appelle barbares. Pour ces raisons, il est essentiellement moyen âge, comme l'ont prouvé d'ailleurs ses œuvres les plus énergiques : Hernani, ce drame féodal, Noire-Dame de Paris, les Burgraves, etc., et comme la Légende des Siècles vient de le prouver avec plus d'éclat que jamais. Être moderne,

parlermoderne, bayerauxcorneillesmodernes, comme les gaupes humanitaires du Progrès indéfini, n'est pas seulement un contresens pour Hugo : c'est un rapetissement de son être. Par la conformation de la tête, par la violence de la sensation, par l'admiration naïve et involontaire de la force, cet homme est éternellement de l'an 1000. Si aujourd'hui, dans sa Légende des Siècles, il est relativement supérieur, môme à ce qu'il fut, c'est que le moyen âge ou ce qui traîne encore, Dieu merci! du moyen âge dans nos mœurs, — la guerre, les magnificences militaires, l'impérieuse beauté du commandement, — tiennent plus de place dans les poèmes nouveaux que dans tous ses autres ouvrages. Mais, qu'il nous croie! il serait absolument supérieur le jour où, au lieu d'achever cette Fin de Satan qu'il projette, — une pensée moderne bonne à lais>er à un poète comme Soumet, qui a fait quelque part la Fin de l'Enfer, — il écrirait de préférence quelque violente épopée du x° siècle et ne craindrait pas de mêler les moines, dont c'était l'âge d'or, aux soldats.

Malgré les beautés de premier ordre des pièces comme Aymerillot, Ralbert, Eviradnus, le Pi'lit roi de Galice, Victor Hugo ne fait encore que du moyen âge mutilé. 11 n'en comprend et n'en reproduit que Les bons chevaliers ou Les tj rans Les pères, Les enfants, Les vieillards, — des vieillards qui se ressemblent tous comme se ressemblent des armures, un môme type onivoy, Eviradnus, Fabrice); maie Le Berff, mais Le prêtre, mais le moine, mais le saint, mais le grand

évêque oublié par Walter Scott lui-même mais enfin tout le personnel de cette société si savamment hiérarchisée, il le néglige, car il faudrait chanter ce que ses opinions actuelles lui défendent de chanter, sinon pour le maudire, et c'est ainsi que, pour les motifs les moins littéraires, il manque la hauteur dont il a dans l'aile la puissance, parce qu'il n'est jamais en accord parfait de sujet avec son génie .

Et, certes, c'est là un grand dommage ! Victor Hugo est tellement un homme du moyen âge qu'il l'est encore quand il veut ou paraît être autre chose, soit en bien, soit en mal. Ainsi, dans la Légende des Siècles, il y a des scènes d'une majestueuse simplicité et de l'expression la plus naïvement idéale, empruntées au monde de la Bible et de l'Évangile : la Conscience, Daniel dans la Fosse aux Lions, Booz, la Résurrection de Lazare. Mais justement c'est par le moyen âge que le poète est remonté à ces sources d'inspiration d'où est descendu l'esprit du moyen âge sur la terre. Ainsi, dans les poésies d'un autre sentiment, lorsque l'expression se fausse tout à coup ou grimace, c'est que le poète transporte les qualités et les défauts du moyen âge dans une inspiration étrangère qui les met en évidence. On a souvent reproché à Hugo d'être tout ensemble gigantesque et petit, colossal et enfantin, disons-le, même quelquefois puéril, qui est l'abus de l'enfantin, mais ces défauts, très saillants dans un poème moderne et dans une époque réfléchie, ne saillent plus au moyen âge, en ces temps légendaires auxquels on peut appliquer ce vers de Hugo :

Et rien n'était petit, quoique tout fût enfant,

queHugopourraitappliqueràsontalentmême, car il en est la meilleure caractéristique que nous connaissions.

Eh bien, c'est un poète d'une individualité pareille, c'est l'homme qui, n'ayant plus la foi aux croyances du moyen âge, a l'imagination si bien teinte et si bien pénétrée de la couleur de ce temps qu'il écrit la touchante et charmante prière du petit roi de Galice, descendu du cheval de Roland pour se mettre à genoux devant une croix de carrefour :

... 0 mon bon Dieu, ma bonne sainte Vierge! J'étais perdu, j'étais le ver sous le pavé, etc.

c'est ce génie, qui, de nature, nous appartient à nous autres chrétiens, gens du passé, intelligences historiques, et qui en nous trahissant s'est encore plus trahi que nous! c'est cette imagination, heureusement indomptable, quoiqu'on lui ait mis des caparaçons bien étranges et des caveçous presque honteux, qui n'a pas voulu rester ce qui' Dieu l'avait laite, pour sa gloire et la Bienne, el qui s'esl transformée 'm contemptrice aveugle de ••<> passé qui lui donne son talent

encore lorsqu'elle le peint en le ravalant. Oui! toute la question, la seule question que la critique doive poser à Hugo, est celle-ci : Que lui a donc rendu le monde moderne en place du talent qu'il lui a sacrifié, en le lui consacrant? C'est là une question littéraire facile à résoudre comme une question d'arithmétique. Il n'y a qu'à compter. Prenez les pièces les plus belles de la Légende des Siècles, inspirées toutes, plus ou moins, par le moyen âge ou ce qui en reste (il y a bien du moyen âge dans le Régiment du baron Madruce), et comparez-les tranquillement à celles dans lesquelles le monde moderne a mis son panthéisme, sou humanitarisme, son progrès illimité et tous ses amphigouris sur les êtres, la substance, l'avenir et les astres, et vous aurez bientôt jugé.

Hugo, qui, — comme Corneille, est Espagnol, parce que l'Espagne est la concentration la plus profonde du moyen âge, — Hugo, qui, dans son Momotombo, fait philosopher des volcans comme des encyclopédies au lieu de nous donner les Légendes de l'Inquisition, — et il y en a de magnifiques en Espagne, — Hugo cesse d'être ce génie qui, à côté de la plus éblouissante hyperbole, a des simplicités d'eau pure dans une jatte de bois quand il sort de sa vraie veine, cette veine que rien ne peut remplacer. Aujourd'hui, dans cette traversée des siècles pendant laquelle il a brûlé les plus beaux endroits en ne s'y arrêtant pas, il a voulu nous frapper la médaille — tout un bas-relief — de la décadence romaine, et il a été

fort au-dessous de Juvénal. Dans le Satyre, où le panthéisme a eu enfin son poète en monsieur Hugo, comme en Hegel il avait eu son philosophe, quoiqu'il y ait quelque chose de bien tonitruant dans la voix du poète l'antiquité, pourtant, qu'il a chantée, est une antiquité de seconde main saisie à travers la renaissance ; une suite de tableaux splendides, mais incorrects aussi, et versés (ce qui devient de plus en plus le faire poétique moderne) de toiles connues dans des vers.

Même dans les pièces de Zimzizimi ou du Sultan Mourad, où l'auteur se fait oriental avec une ampleur qui maigrit terriblement le grand Goethe et réduit les poésies du Divan à un petit écrin d'anneaux, l'idée moderne, cette tyrannie de la pensée du poète, finit par arriver, amenant un ridicule qui, comme tout ce qui vient de Hugo, est énorme; car Hugo donne à tout, je ne dis pas de la grandeur (la grandeur étant une harmonie), mais de l'énormité. En effet, c'est dans le Sultan Mourad que cet idéal des monstres heureux, ce Caligula du soleil qui a autant de crimes sur la conscience que d'escarboucles sur son caftan, rachète son Ame devant la justice de Dieu pour avoir chassé les mouches de la plaie ouverte d'un cochon :

Le pourceau misérable et Dieu se regardèrent...

Un pourceau secouru pèse un monde opprimiV....

De môme encore, dans le Crapaud, où l'auteur n'a pas de cesse qu'il n'ait éreinté une idée juste et rendu grotesque ce qui aurait pu être pathétique, vous re-

connaissez la fausse pitié de l'humanitaire, qui confond tout daus l'anarchie de sa compassion. Cet âne, dit-il, l'âne qui s'est détourné pour ne pas écraser le crapaud :

Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton, Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon!

Telles sont les choses que Hugo doit au monde moderne dont il veut être à toute force, au lieu de rester simplement et fièrement soi ; telles sont les éclatantes beautés qu'il doit aux opinions de son siècle, devenues les religions de son cœur et de sa pensée. Certainement, malgré les taches qui déparent encore à nos yeux le meilleur de ses livres, Victor Hugo est un grand poète. Mais les grands poètes n'ont pas toujours la faculté de se juger. Aujourd'hui, ce que nous estimons le moins dans la Légende des Siècles est peut-être ce que lui, Hugo, estime le plus. Oui ! qui sait?... L'auteur des Pauvres gens, cette poésie à la Crabbe, mais d'une touche bien autrement large et émue que celle du réaliste anglais, le peintre de la Rose de Vinfante, ce Vélasquez terminé et couronné par un poète, préfère peut-être à ces chefs-d'œuvre, et à tant de pièces que nous avons indiquées déjà, les deux morceaux qui terminent le recueil intitulés Pleine mer et Plein ciel, ces deux morceaux dont je me tairai par respect pour cette Légende des siècles dans laquelle j'ai retrouvévivant Hugo, que je croyais mort, mais qui sont, tous deux, d'une inspiration insensée, et qu'il faut renvoyer... aux Contemplations!

Seulement, si elle existe, l'illusion sera-t-elle éternelle?... Y a-t-il une lutte en Hugo? Et, si 'nous avons le bonheur qu'il y ait une lutte, quel en sera le résultat? Qui vaincra, de la vérité, du génie, ou de la fausseté des opinions ? La Légende des Siècles est, à coup sûr, un grand progrès sur les Contemplations; c'est, comme nous n'avons cessé de le dire, le rejaillissement d'un talent qu'on croyait englouti à cent pieds sous terre dans le faux. Mais ce progrès a-t il été voulu et réfléchi? Ce rejaillissement ne tient- ii point aux sujets que le plan de son poème a imposés au poète, et dans les poèmes qui vont suivre, et qui doivent parachever le plan dont il nous a parlé dans sa préface, ce poème de Dieu et cette Fin de Sala», dont le titre m'inquiète, ne sont-ils pas la preuve qu au fond les idées n'ont pas bougé en Hugo qui doivent le plus le désarmer de son génii ? ..

De tous les portes contemporains qui autour de lui tirent pléiade, Hugo est le seul qui prouve encore par de longues ouvres qu il n'a pas renoncé à la poésie, cette grande abandonnée du temps. Les uns soûl morts, comme \lfred <lr Musset, dont la I ie était morte même avant lui. D'autres se taisent, comme Auguste Barbier, épuisé par un

cri sublime qu'il n'a jamais recommencé. Les uns, comme VigQy, gardent sur un front qui pourrait rayonner encore le désespoir serein d'un temps indifférent aux vers. Les autres sont livrés à la critique, à l'érudition, à la dévorante prose, comme Sainte-Beuve, par amour pour les gens littéraires, ou, comme Lamartine, pour quelque motif douloureux... Encore une fois, seul, Victor Hugo, malgré les divers cours de sa fortune, est resté fidèle à la Muse, cette déesse de plus en plus fabuleuse. Il est resté fidèle, vaillant, infatigable, fécond de cette fécondité tenace qui est un signe, — le signe de la souveraineté dans la vocation créatrice, — et pour cette raison il est peut-être le seul qui puisse aujourd'hui nous donner, après les fortes œuvres, le pur chefd'œuvre qui est le dernier mot d'un homme ou d'un siècle. Seulement, nous le répéterons à Hugo avec austérité : pour cela il ne faut point porter soi-même sur ses facultés les troubles d'une époque moins forte qu'elles, car, en tant que ces facultés ont voulu demeurer poétiques, cette époque ne les a ni distraites de leur but ni étouffées, quand elle pouvait, comme dans tant d'autres, les distraire et les étouffer.

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