AVERTISSEMENT !X
dont les strophes tombent les unes sur les autres, qu'une seule bouche au monde était digne de dire tout haut de pareils vers, et qu'on ne les entendra jamais dits comme ils sont écrits, car cette bouche est glacée. C'était celle de mademoiselle Mars.
« Cet art inouï du vers, si consommé qu'il est indépendant de ce qu'il exprime, ne peutguères être senti, du reste, que par les poètes, par ceux qui sont du bâtiment, comme dit l'excellente expression populaire. Mais, pour ceux-là, c'est vraiment un plaisir divin. Quand le rhythme est manié avec ce génie, il donne l'inexprimable et rêveuse sensation que donne, en peinture, l'arabesque exécutée par un génie égal. Victor Hugo est le génie de l'arabesque poétique. Il fait de son vers ce qu'il lui plaît. Arlequin faisait de son chapeau un bateau, un stylet, une lampe; Hugo fait bien d'autres choses de son vers. Il en joue, comme, un jour que je prends parfois pour un rêve, j'ai vu jouer du tambour de basque à une bohémienne. Le tambour de basque courait comme un rayon sonore autour de la danseuse, et l'on ne savait plus qui courait l'un après l'autre, de la danseuse ou du tambour. A cet égard Victor Hugo est incomparable. 11 est arrivé au point juste où l'instrumentiste et 1 instrument se confondent, et la supériorité qu'il atteste est si grande que la Critique ne saurait croire qu'il put faire un progrès de plus, et que, pourtant, elle n'oserait l'affirmer!
« Et ce que je dis là, je le dis, sans exception, pour toutes les Chansons des rues et des bois...
<r C'est un ravissement perpétuel. Victor Hugo entasse des montagnes de grosses choses, d'énormités et de pathos, sur ce iil de la Vierge étincelant et flottant, et ce fil ne se rompt jamais et ne perd pas un mmi! instant de su mollesse ei de sa grâce. Le talent touche Ici au miracle I »
Kl quand il cite quelques \m (p. 178) : de « la dêlicieuse Chanson du Fou, dans Cromwell », et (p. 208)