X AVERTISSEMENT
s'écrie : « Le peintre ardent des Orientales, le magnifique et le puissant de la Légende des Siècles, qui faisait ruisseler la couleur par si larges touches!... » Mais prévient constamment sur ceci (p. 160 et 187) :
« Encore une fois, seul, M. Victor Hugo, malgré les divers cours de sa fortune, est resté fidèle à la Muse, cette déesse de plus en plus fabuleuse. Il est resté fidèle, vaillant, infatigable, fécond, de cette fécondité tenace qui est un signe, — le signe de la souveraineté dans la vocation créatrice, — et pour cette raison il est peut-être le seul qui puisse aujourd'hui nous donner, après les fortes œuvres, le pur chef-d'œuvre qui est le dernier mot d'un homme ou d'un siècle.
« Victor Hugo voulait-il, oui ou non, atteindre à sa gloire définitive et donner à sa patrie non plus des ouvrages, mais un monument, et, ce qui eût été digne de lui, le monument jusqu'alors impossible?... L'auteur des Petites Épopées, — ces préludes magnifiques d'un concert plus magnifique que j'espérais, — le poète de la Légende des Siècles, qui nous a peint si bien Charlemagne et Roland, pouvait mieux que personne mettre debout ces figures colossales et faire tourner alentour le cycle carlovingien. Il aimait le colossal, en voilà ! Fait pour chanter la guerre, l'héroïsme, la foi, toutes les forces, que ne nous donna-t-il cette joie de le voir rentrer dans la vérité de son génie! Ah! il faut aimer le génie jusqu'aux larmes. Priam demandait à genoux le corps d'Hector à Achille et pleurait sur ses mains sanglantes... Hugo était tout à la fois Hector et Achille, et nous lui demandions de donner les restes de son génie, qu'il tuait, à la poésie du poème épique, qui pouvait seule le ressusciter ! »
Sur les Misérables, pour lesquels on lui a tant reproché ses sévérités (p. 20 :
c II y en a pourtant, du talent, ne vous y trompez pas! et