‹ Victor Hugo, le philosopheChapitre 12 sur 95 · Dieu, p. 196 et · texte numérisé non relu

Dieu, p. 196 et

poteaux soutenant un triangle hideux, Qui sortent lentement du noir pavé des villes... — 0 forêts! bois profonds! solitudes! asiles M » Les dernières pièces du même recueil lyrique (les Contemplations), toutes datées des premières années de l'exil, sont en grande partie nées de la cruelle pensée du mal, plus approfondie, généralisée, poussée même, à un endroit, jusqu'au doute sur la réalité, jusqu'à nommer l'être le spectre toujours présent :

Nous contemplons l'obscur, l'inconnu, l'invisible. Nous sondons le réel, l'idéal, le possible,

L'être, spectre toujours présent.

Nous regardons trembler l'ombre indéterminée. Nous sommes accoudés sur notre destinée,

L'œil fixe et l'esprit frémissant -,

Dans la pièce intitulée Horror :

Nous avons dans l'esprit des sommets, nos idées, Nos rêves, nos vertus, d'escarpements bordées,

Et nos espoirs construits si tôt; Nous tâchons d'appliquer à ces cimes étranges L'àpre échelle de feu par où montent les anges;

Job est en bas, Christ est en haut.

Nous aimons. A quoi bon"? Nous souffrons. Pour quoi faire? Je préfère mourir et m'en aller. Préfère.

Allez, choisissez vos chemins.

L'être effrayant se tait au fond du ciel nocturne, Il regarde tomber de la bouche de l'urne

Le flot livide des humains.

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