I. Dieu, p
LA VUE PESSIMISTE DE LA NATURE 4b
Oui. du noir infini feuilletant les registres,
Ont écrit : Rien, au bas de ces pages sinistres,
Et, penchés sur l'abîme, ont dit : L'œil est crevé '!
Quelques lignes de prose, exprimant une pensée profonde en son étrangeté, achèveront de nous rendre l'effroi du poète en présence de l'immensité : l'effroi, c'est bien l'impression qui répond à ce que la destinée lui offre en ce qu'elle a d'universel, de plus irrémédiablement douloureux, soit par le néant de l'être individuel et transitoire, devant qui l'espace et la durée vainement rêvés se ferment, soit par l'hypothèse de ce qu'il peut imaginer de terrible dans l'univers, au delà de la portée de notre vue. Victor Hugo, dans ce passage, appelle Immanence, selon sa coutume des grandes généralisations réalistes, l'être infini où tout est, d'où tout sort, où tout plonge; et son idée, c'est que l'infini, à le bien prendre, est une borne pour l'esprit objectif, et non point une ouverture. Illimitation égale occlusion. La pensée est très remarquable. La mise en scène est un enfant perdu dans la nuit en des circonstances terribles, qu'il faut chercher dans le roman; et la remarque philosophique est celle-ci, dans sa brièveté :
« Quand l'immanence surplombant sur nous,