‹ Victor Hugo, le philosopheChapitre 27 sur 95 · L Homme qui rit, 2e partie, V · texte numérisé non relu

L Homme qui rit, 2e partie, V

2. Les Quatre Vents de l'esprit, I, 15 : « le Mont aux Pendus ».

Vous meltez un gibet sur la falaise; alors

Ne vous étonnez point d'avoir, près de vos ports.

Épiant vos départs comme vos arrivées,

Des roches sans pitié que l'homme a dépravées.

S'il y a de l'intention dans les éléments, il peut y avoir de la responsabilité aussi.

Ah ! n'est-ce pas, Dieu sublime, Dieu qui lis l'arche et le pont, Que tout naufrage est un crime Et que quelqu'un en répond?

S'il manque une seule tète, Tu puniras la tempête ; Tu sais, toi qui nous défends, Et qui fouilles tous les repaires, Le compte de tous les pères, Le nom de tous les enfants *!

Et s'il y a responsabilité, il doit y avoir liberté. « Il fait nuit; une main pose une chandelle, vil suif devenu étoile, au bord d'une ouverture dans les ténèbres. Le phalène y va. Dans quelle mesure est-il responsable ? Le regard du feu fascine le phalène, de même que le regard du serpent fascine l'oiseau. Que le phalène et l'oiseau n'aillent point là, cela leur est-il possible? Est-il possible à la feuille de refuser obéissance au vent? Est-il possible à la pierre de refuser obéissance à la gravitation? — Questions matérielles, qui sont aussi des questions morales 2. »

Page 1