‹ Victor Hugo, le philosopheChapitre 29 sur 95 · L'Homme qui Ht, V partie, III · texte numérisé non relu

L'Homme qui Ht, V partie, III

Y étoile à laquelle se superposent les épaisseurs et les transparences de nuage du rêve, n'est pas moins remarquable pour le rendu exact d'un fait psychique, autant que le peuvent atteindre les métaphores du langage , que comme pure poésie. Ajoutons, ce qu'il serait facile, mais trop long-, de prouver par des citations, que l'analyse psychologique des impressions et des sentiments des personnag-es de roman, dans les Misérables, dans les Travailleurs de la mer, dans V Homme qui rit, est toujours vraie et pénétrante, quelque extraordinaires ou fantastiques que soient les circonstances où les place le narrateur, et les émotions qu'il en tire pour lui-même et cherche à nous communiquer. L'enfant perdu, qui rencontre le cadavre d'un pendu oscillant dans l'obscurité, cet enfant, Gwynplaine, épuisé de veilles, de fatigues et d'émotions, devenu pair du royaume et soumis aux tentations d'un nouvel état, est aussi bien vu et approfondi en ses pensées, par l'auteur qui invente pour lui ces situations, que s'il n'y avait pas à sortir, pour les peindre, du théâtre ordinaire des passions où tout homme a pu apprendre de sa propre expérience ce qu'on y éprouve. C'est le même talent d'artiste assimilateur et inventeur de sentiments vrais, qu'on admire dans le Dernier jour d'un condamné, dans la Ton-

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fête sous un crâne, et dans tout ce qui se rapporte à la psychologie descriptive du criminel. Il y a autant de vérité simple et saisissante dans la peinture des terreurs de l'enfant devant le gibet, dans l'ombre, que de fantaisie et de virtuosité dans les détails horribles et dans les fictions bizarres qui nous traduisent les sentiments du poète : « Cet être expiré était dépouillé. Dépouiller une dépouille, inexorable achèvement. Sa moelle n'était pas dans ses os, ses entrailles n'étaient plus dans son ventre, sa voix n'était plus dans son gosier. Un cadavre est une poche que la mort retourne et vide. S'il avait eu un moi, où ce moi était-il? Là encore peut-être, et c'était poignant à penser. Quelque chose d'errant autour de quelque chose d'enchaîné... La vaste dispersion l'usait silencieusement, etc., etc. » (longue suite d'images sur Y Arbre d invention humaine, la potence, et sur la Bataille entre la mort et la nuit ').

L'homme que Victor Hugo appelle le songeur, et qui, remarquons-le, n'est pas le même que le penseur, est celui qui s'exalte à la pensée des inconnus, des possibles que l'imagination se peut peindre réels dans l'ordre de la création. C'est celui qui contemple le mystère , est saisi de

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