‹ Victor Hugo, le philosopheChapitre 46 sur 95 · Les Contemplations, VI, 6 : « Pleurs dans la nuit · texte numérisé non relu

Les Contemplations, VI, 6 : « Pleurs dans la nuit

Vie, idée, avatars bouillonnant dans les têtes! Le progrès, reliant entre elles ses conquête?. Gagne un point après l'autre, et court contaeieux... 0 Nature, c'est là ta genèse sublime.

Oh! l'éblouissement nous prend sur cette cime! Le monde, réclamant l'essor que Dieu lui doit. Vibre; et dès à présent, grave, attentif, le doigt Sur la bouche, incliné sur les choses futures. Sur la création et sur les créatures, Une vague lueur dans son œil éclatant, Le voyant, le savant, le philosophe entend Dans l'avenir, déjà vivant sous ses prunelles, La palpitation de ces millions d'ailes ' !

La même pensée d'avenir et de marche forcée des choses est offerte, dans l'Année terrible, pour calmer les angoisses du présent :

Ce rideau du destin par l'énigme épaissi,

Cet océan difforme où flotte l'àme humaine,

La vaste obscurité de tout le phénomène,

Ce monde en mal d'enfant ébauchant le chaos,

Ces idéals ayant des profils de fléaux,

Ces émeutes manquant toujours la délivrance,

Toute cette épouvante, oui, c'est de l'espérance...

Demain dans Aujourd'hui semble un embryon noir,

Rampant en attendant qu'il plane, étrange à voir,

Informe, aveugle, affreux; plus tard l'aube le change.

L'avenir est un monstre avant d'être un archange.

Aussi n'est-ce pas l'homme qui est le monstre. Par quel miracle changerait-il ainsi? L'homme est passif, l'homme est innocent; il ne faut en

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