Les Châtiments, VII, 12 : « La force des choses
bonne justice accuser que les éléments et la tempête !
Le penseur en songeant fait une découverte : Personne n'est coupable. Un si noir dénouement Laisse au fond de son gouffre entrevoir l'élément... Tout ce que nous voyons s'est fait entre les serres De fléaux inconnus, hideux et nécessaires... On a fait des forfaits dont on est innocent... Au fond du noir problème il faut savoir descendre; L'homme subit, le gouffre agit; les ouragans Sont les seuls scélérats et sont les seuls brigands... Non, je n'accuse point l'homme faible, et je dis Que la fureur du vent fatal qui nous emmène Peut l'arracher ton ancre, ô conscience humaine!... Je le dis, l'accusé, pour moi, c'est l'élément.
Si la faute est à l'élément, c'est à lui aussi que devra se rapporter le mérite, en bonne logique. Nous ne serons pour rien dans les splendeurs de l'avenir, non plus que nous ne sommes les causes de nos infamies dans le présent.
Hélas! partout frisson, colère, enfer, cachot; Mais c'est si ténébreux que cela vient d'en haut. L'esprit, sous ce nuage où tout semble se taire. Sent l'incubation énorme d'un m\ stère... Ayons foi. Ce n'est pas sans quelque but suprême Que sans cesse, en ce gouffre où rêvent les sondeurs. Un prodigieux vent soufflant des profondeurs, A travers l'âpre nuit, pousse, emporte et ramène Sur tout recueil divin toute la mer humaine '.
Mais nous nous ferions scrupule de citer ainsi des passages entachés du sophisme de l'irrespon-