V Année terrible, Juin, XVI, et Juillet
sabilité, et d'en omettre entièrement d'autres, qui sont à côté, qui plaident la vraie cause de la justice et de la pitié, condamnent les représailles, et protestent contre la cruauté du vainqueur. Il est vrai que le vainqueur est excusable, si le vaincu l'est, et pour la même raison ; et qu'alors il ne faut pas prétendre juger.
.Mais que voulez-vous donc, sages pareils aux fous.
Que l'avenir devienne et qu'il fasse de vous,
Si vous ne lui montrez que haine, et si vous n'êtes
Bons qu'à le recevoir à coups de baïonnettes?
L'utopie est livrée au juge martial,
La faim, la pauvreté, l'obscur loup social
Mordant avec le pain la main qui le présente,
L'ignorance féroce, idiote, innocente,
Les misérables noirs, sinistrement moqueurs,
Et la nuit des esprits d'où naît la nuit des cœurs,
Tout est là devant nous, douleurs, familles blêmes;
Et nous avons recours, contre tous ces problèmes,
Au sombre apaisement que sait faire la mort...
Hélas! le cimetière est un puits inconnu;
Ce qu'on y jette tombe en des cavités sombres;
Ce sont des ossements qu'on ajoute aux décombres;
Morne ensemencement d'où la mort renaîtra.
Des questions où nul encor ne pénétra
Pressent de tous côtés notre lugubre sphère;
Et je ne pense pas qu'on se tire d'affaire
Par l'élargissement tragique du tombeau •.
— Mais le poète aurait pu se dire que le même argument vaut contre la « dernière guerre ». La