Les Contemplations, VI, 1 : « le l'ont
Ses mains en se joignant faisaient de la lumière.
Il me montra l'abîme où va toute poussière,
Si profond que jamais un écho n'y répond:
Et me dit : — Si tu veux je bâtirai le pont.
Vers ce pâle inconnu je levai ma paupière.
— Quel est ton nom? lui dis-je. Il me dit : — La Prière.
La même pensée est exprimée en prose dans un passage où l'âme et Dieu sont représentés eomme « deux infinis » doués d'intelligence et de volonté, deux moi, et la prière comme allant de l'un à l'autre : « Mettre par la pensée l'infini d'en bas en contact avec l'infini d'en haut, cela s'appelle prier. — Ne retirons rien à l'esprit humain. Supprimer est mauvais. Il faut réformer et transformer. Certaines facultés de l'homme sont dirigées vers l'Inconnu : la pensée, la rêverie, la prière. L'Inconnu est un océan. Qu'est-ce que la conscience? C'est la boussole de l'Inconnu. Pensée, rêverie, prière, ce sont là de grands rayonnements mystérieux. Respectons-les1. »
Autre passage, où l'élément d'impuissance et d'obscurité inhérent à l'émotion de la prière spontanée est particulièrement rendu : « En présence de nos deux grandes cécités, la destinée et la nature, c'est dans son impuissance que l'homme a trouvé le point d'appui : la prière. L'homme se fait secourir par l'effroi; il demande aide à sa