Les Misérables, Préface de l'auteur
opposées d'observation et d'analyse, et de généralisation, d'idéalisation des caractères; ils sont à | la fois très vivants et élevés à la hauteur de types. La psychologie morale qui se montre dans les portraits et dans les pensées d'un Jean Valjean1, d'un Monseigneur Bienvenu '2, d'un Thénardier 3, 1 d'une sœur Simplice \ d'un Javert, quoique si étonnamment idéalisé B, et de quelques autres encore, est à la fois fine et profonde. Mais l'histoire d'une conscience, à partir du moment où Valjean reçoit la nouvelle de l'affaire Champmathieu; le récit de son rêve, une merveille; son voyage, ses sensations à l'audience, la péripétie de la révélation ne sauraient être assez admirés. La suite et la fin de cette vie si curieusement imaginée sont à la hauteur du commencement. L'invention des événements au travers desquels elle se déroule est intéressante et puissante, les moindres caractères sont pleins de vie et de naturel, et les épisodes de l'histoire politique empreints du véritable esprit du temps (dans les premières années après 1830).
Recueillons quelques traits et quelques pensées
1. Les Misérables, première partie, liv. VII et VIII. ■2. Ibid., liv. I, 13 et 1 i.