‹ Victor Hugo, le philosopheChapitre 73 sur 95 · I . Les Misérables, II0 partie, vu · texte numérisé non relu

I . Les Misérables, II0 partie, vu

C'est donc simplement l'idée cartésienne de perfection, et l'idée spinoziste de substance, en conservant dans cette dernière l'unité de conscience universelle, que Spinoza supprima. Victor Hugo, avec sa vue pessimiste des conditions du monde, si opposée au froid optimisme de Spinoza, et avec son appétit de bonheur, que n'aurait pu satisfaire l'abstraite béatitude de l'amour intellectuel d'un dieu sans amour, Victor Hugo éprouvait le besoin de sentir une conscience au fond de l'univers. De là sa foi, que lui-même a nommée de ce nom :

Je sais que Dieu semble incertain.

Vu par la claire-voie affreuse du destin. Ce dieu, je le redis, a souvent dans les âges Subi le hochement de tête des vieux sages. Je sais que l'Inconnu ne répond à l'appel Ni du calcul morose et lourd, ni du scalpel; Soit. Mais j'ai foi. La foi, c'est la lumière haute. .Ma conscience en moi, c'est Dieu que j'ai pour hôte... Je suis le créancier tranquille de l'abîme... La nature s'engage envers la destinée; L'aube est une parole éternelle donnée... Et je vais devant moi, sachant que rien ne ment, Sur de l'honnêteté du profond firmament!... J'affirme que celui qui ne meurt ni ne passe, Qui fit le monde, un livre où le prêtre a mal lu. Qui donne la beauté pour forme à l'absolu, Réel malgré le doute et vrai malgré la fable, L'éternel, l'infini, Dieu n'est pas insolvable*.

Rapprochons ces beaux vers de quelques autres

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