‹ Victor Hugo, le philosopheChapitre 74 sur 95 · L'Année terrible, Juillet, XII · texte numérisé non relu

L'Année terrible, Juillet, XII

où le mage met bien en relief la raison de sa croyance fondée sur le témoignage de la lumière :

L'immensité dit : Mort! L'éternité dit : Nuit!...

Tout est l'ombre; pareil au reflet d'une lampe,

Au fond, une lueur imperceptible rampe;

C'est à peine un coin blanc, pas même une rougeur.

Un seul homme debout, qu'ils nomment le Songeur,

Regarde la clarté du haut de la colline;...

Toute la foule éclate en rires ténébreux

Quand ce vivant, qui n'a d'autre signe lui-même

Parmi tous ces fronts noirs que d'être le front blême,

Dit en montrant ce point vague et lointain qui luit :

Cette blancheur est plus que toute celte nuit */

Une pièce des Contemplations, dont nous avons rapporté d'admirables morceaux sur l'instabilité réelle et les spectables terribles de l'univers physique, vu en grand dans l'espace et dans le temps 2, est intitulée : Magnitudo parvi, et justifie son titre par l'opposition de deux mondes : le monde moral, dont le poète prend pour le représentant un pâtre idéal, dans la solitude; et l'effrayant monde physique, problème posé au songeur. C'est le soir. Il parle à sa fille :

Vois donc, là-bas, où l'ombre aux flancs des coteaux rampe, Ces feux jumeaux briller comme une double lampe

Qui remuerait au vent!

Quels sont ces deux foyers qu'au loin la brume voile? L'un est un feu de pâtre et L'autre est une étoile;

Deux mondes, mon enfant!

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