‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 20 sur 84 · L’Année terrible, mai : Paris incendié · texte numérisé non relu

L’Année terrible, mai : Paris incendié

Volent, chantant l'amour, Vespérance et la joie, Il faut que par instants on frissonne, et qu’on voie Tout & coup, sombre, grave et terrible au passant, Un vers fauve sortir de l’ombre en rugissant 1.

Ce fauve, dans les vers qui suivent, est com- paré 4 un lion qui apparait brusquement dans un riant paysage.

Images charmantes, obtenues par l’association

de deux substantifs dont l'un est une sorte d’incarnation de l'autre: .

Viens! nos deux chevaux mensonges Frappent du pied tous les deux,

Le mien au fond de mes songes; Et le tien au fond des cieux.

Autres, en toutes sortes de genres, allant du gracieux au terrible et de l'image & abstraction : la Pudeur, « veillant indignée sur la paix de cette morte » (de Fantine dans les Misérables); la Priére, qui nous montre l’écorchure de ses genoux; la dupe Dévouement; le roulier, acharné a battre ses chevaux, et qui n'est plus qu'un Orage de coups; le peuple Océan, jetant l’écume Populace; la Nuit qui « a peur », et qui « devient livide en contemplant l'immensité »; la Vie éclair, l’Aigle trépas, le Fossoyeur oubli, le Tas de cendres néant, la sombre Fosse éternité; Arbre éternité,

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